Les multiples fonctions des hydrogéologues

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La mise en œuvre d’une politique de l’eau dans la perspective d’un développement durable a entraîné au cours des dernières décennies en France une multiplication des fonctions des hydrogéologues. Un millier d’hydrogéologues et d’hydrogéochimistes participent directement à l’évaluation des ressources en eaux souterraines, et à leur protection. Ils interviennent également dans le cadre de travaux d’aménagement ou d’études dans le domaine de l’environnement (voir pages suivantes).

Les principaux employeurs des hydrogéologues du secteur public sont les agences de bassin, les services de l’état, le BRGM et ses services régionaux ainsi que les collectivités territoriales. Ce sont aussi les nombreux bureaux d’études, généralistes ou spécialistes, implantés sur l’ensemble du territoire.

 

Des actions à l’échelle régionale

Les interventions des hydrogéologues varient selon les régions en fonction de leur spécificité naturelle, de leur histoire et des activités qui y sont exercées (agriculture, industrie, tertiaire). Elles répondent à des besoins communs :

  • Connaissance générale des ressources en eau  avec recueil de données sur le contexte géologique, les eaux de surface ainsi que les caractéristiques et le potentiel de production des aquifères. Ce qui fait appel à des compétences dans les domaines de la géologie générale et régionale et dans celui des techniques de mesures : campagnes de jaugeage sur les eaux de surface, mesures en forages (tests de pompage, diagraphies directes ou indirectes…) et équipement des forages pour le suivi régulier des niveaux des nappes (piézométrie) et les prélèvements pour analyses chimiques ou biologiques. Toutes ces données sont recueillies dans des bases de données ; elles servent à l’élaboration de référentiels hydrogéologiques et de modèles qui simulent le fonctionnement des aquifères et permettent de mieux faire partager leur compréhension. Ces données sont, après traitement, à la base de l’évaluation des ressources des différents aquifères, évaluation pour laquelle sont développés des méthodes de calculs et de spécifiques logiciels informatiques.
  • Gestion de la ressource et planification avec définition des objectifs d’utilisation et des règles de gestion. Concilier les usages de l’eau nécessite la concertation avec l’ensemble des utilisateurs ce qui implique pour les hydrogéologues de multiples interventions au niveau national et régional.
  • Définition et mise en œuvre de réseaux de surveillance visant d’une part le niveau des nappes et d’autre part la qualité des eaux (ressources en eau, suivi des polluants…). Ces réseaux de surveillance sont conçus en fonction des risques encourus du point de vue des ressources et de l’environnement et avec le souci de dépenses restant proportionnées aux objectifs d’utilisation.

 

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Des actions à l’échelle locale

Localement, les actions des hydrogéologues répondent à des besoins variés, car peu d’activités sont sans conséquence sur l’utilisation de l’eau. Il s’agit par exemple d’analyser l’impact d’un aménagement urbain ou d’une implantation industrielle, définir les périmètres de protection des captages d’eau potable, assurer le suivi des ressources locales en eau et de leur qualité, prévoir les conséquences d’une utilisation saisonnière en zone touristique etc…

Ces actions font appel, notamment auprès de bureaux d’études spécialisés, à leur expérience du contexte géologique et hydrogéologique local ainsi qu’à leur maîtrise de techniques de mesure, de prélèvements et de modélisation adaptées aux spécificités du secteur tant en termes d’activité que de contexte géologique.

Faire partager à l’étranger et notamment dans les pays en voie de développement l’expérience acquise fait aussi partie des choix ouverts aux hydrogéologues au cours de leur carrière, dans le cadre d’organismes internationaux (UNESCO…) ou de coopérations. Ces actions sont notamment à l’origine du développement de l’hydraulique villageoise, si importante en Afrique.