Les multiples interventions des géologues

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Les géologues interviennent de façon très diverse dans le domaine de l’environnement à la fois dans les secteurs public et privé. La définition et le suivi d’une réglementation souvent nouvelle en  matière d’environnement mobilisent les compétences des services de l’état ; les agences et établissements publics et les services « environnement » des collectivités territoriales définissent les programmes d’actions à mener au niveau national ou plus local, les bureaux d’études et les  opérateurs du secteur privé conçoivent techniquement et mettent en œuvre les actions de préservation, de prévention ou d’amélioration de l’environnement programmées.

La multiplicité des interventions entraîne la mobilisation de compétences géoscientifiques diverses. L’environnement fait aussi appel à des dispositions et  des qualités personnelles variées : aspirations à comprendre le fonctionnement de systèmes souvent complexes, créativité dans la conception technique des projets, sens commercial pour distribuer les marchés, goût de l’opérationnel et aptitude au management pour mettre en œuvre les travaux de site, esprit d’entreprise pour créer un bureau d’études, aptitude à la concertation pour l’implantation d’un futur centre de stockage de déchets… Les géologues et autres scientifiques de la terre disposent ainsi d’une large palette de possibilités de choix à leur disposition tout au long de leur carrière, en France ou à l’étranger.

 

Concevoir et créer un centre de stockage de déchets

La réalisation d’un centre de stockage est généralement le fait d’un organisme ou  d’une société expérimentée dans ce domaine,  qui dispose de compétences propres et qui fait appel, en tant que maître d’œuvre, à des bureaux d’études spécialisés aux différentes phases du projet.   

La conception d’un centre de stockage dépend en premier lieu de la nature des déchets susceptibles d’y être stockés. Il s’agit généralement de stockages en surface ou près de la surface. Certains types de déchets chimiques font l’objet de stockages souterrains. D’importants programmes de recherches sont également dédiés en France et à l’étranger au stockage souterrain de déchets hautement radioactifs et à vie longue.

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La reconnaissance d’un site de stockage  mobilise géologues, hydrogéologues, géochimistes, géomécaniciens et géophysiciens.  

Les techniques d’investigation  sont généralement classiques (cartographie géologique, levers  géophysiques et hydrogéologiques, prélèvement d’échantillons des terrains et de l’eau en surface ou par forages...).

Elles font toutefois l’objet de développements notables, notamment dans les domaines de la mesure et de l’instrumentation (recueil  automatique de données). 

Dans la conception du stockage, le rôle de « barrière passive » dévolue aux terrains (souvent argileux) où les stockages sont implantés,   les différentes fonctions attribuées aux ouvrages (alvéoles, réseaux de drainage, couverture…) sont autant d’éléments de choix prenant en compte la nature des déchets et les conditions de site ; choix auxquels participent les géoscientifiques du projet. Le savoir des géologues, familiers avec la complexité des analyses du sol et du sous-sol s’applique bien à la conception des stockages et à la compréhension du comportement mécanique et chimique des déchets qu’ils contiennent.

Avant autorisation et réalisation du stockage, le maître d’œuvre fait réaliser par des bureaux d’études spécialisés  les études d’impact du stockage sur l’environnement afin de vérifier l’adéquation du stockage aux exigences réglementaires. Les projets sont généralement soumis à enquête publique ce qui fait l’objet de concertations, qui  peuvent être difficiles, avec les riverains du projet

Quand le projet est décidé, le maître d’oeuvre fait appel pour le réaliser à des entreprises qui disposent le plus souvent de compétences propres dans le domaine de la géotechnique. Le maître d’œuvre reprend généralement la main à la réception du centre  de stockage, et assure son fonctionnement et sa maintenance.

 

Mener un projet de dépollution de sites

Un projet de dépollution de site débute par une étape de diagnostic sur la nature de la pollution, son extension et l’évaluation des risques associés pour la santé. Elle implique le recueil de données de site (prélèvement ou mesures directes) notamment pour identifier la nature chimique de la pollution, reconnaître la géologie des terrains pollués, et pour évaluer l’impact éventuel sur les nappes d’eau.  Leur interprétation se fonde souvent sur des modèles hydrodynamiques de pollution ; elle mobilise toujours les retours d’expérience et l’approche naturaliste des géologues. En symbiose avec les spécialistes de la santé, cette première étape de diagnostic  permet de fixer les objectifs de dépollution.

L’étape de faisabilité conduit à faire le choix entre les différentes techniques de dépollution avec comparaison coûts/ avantages des solutions : traitement in situ ou hors site, procédés physiques, chimiques ou biologiques de dépollution…Les compétences en sciences de la terre s’allient ainsi à celles de l’ingénierie pour faire les choix les plus adaptés au type de pollution et aux conditions de site.

Sur la base des choix de dépollution effectués, le projet est alors conçu et programmé en faisant généralement appel aux mêmes acteurs qui sont alors en charge sa réalisation et le suivi des opérations.