Thèse : Relations entre calcarénites et faciès à rudistes dans l’urgonien subalpin : un changement de paradigme

Secteur d'activité : Recherche et enseignement

Employeur : GeoRessources - Université de Lorraine.

Localisation : Nancy

Contact : Danièle Grosheny : daniele.grosheny@univ-lorraine.fr

Description :

contexte

Les modèles sédimentologiques sont basés sur l’application de la loi de Walther, postulant que la séquence verticale de faciès construite à partir des observations de terrain, est transposable horizontalement. Elle permet ainsi de reconstituer un profil de dépôt, c’est-à-dire un paysage sédimentaire à l’instant t. C’est précisément ce qui a été fait au cours des cinquante dernières années pour reconstruire le fonctionnement d’une plate-forme carbonatée emblématique, celle de l’urgonien subalpin français. Nous montrons que le postulat est vicié car des observations de terrain préliminaires à la charnière plate-forme/bassin suggèrent au contraire la non coexistence de tous les faciès identifiés, conduisant à l’existence de systèmes sédimentaires totalement différents au cours du temps, se succédant en fonction des variations du niveau marin à haute-fréquence. Il est donc proposé un changement de paradigme qui risque d’amener à reconsidérer des reconstitutions faites jusqu’ici, dans d’autres endroits et à d’autres époques. Cette remise en cause impacte, par voie de conséquence dans un premier temps, l’attribution paléoenvironnementale, et paléoécologique de nombreux organismes dont le lieu de vie réel était sans doute bien différent de ce qui est admis couramment, et, par suite, la pertinence d’une pratique qui s’est répandue en géologie sédimentaire dans les reconstitutions environnementales. Enfin, les modèles de faciès qui découlent de ces conceptions sont possiblement altérés.

Méthode

Les observations réalisées, jusqu’à présent, à la charnière plate-forme-bassin dans le Vercors méridional (SE France) ont montré que deux systèmes sédimentaires se succèdent dans les cycles de variations du niveau marin relatif : un système calcarénitique marginal, étroit, dominé par la houle en période de bas niveau, et une plate-forme étendue, à coraux et rudistes, modérément noyée en période de haut niveau marin. Les calcarénites « péri-urgoniennes » ne sont pas, ainsi, un faciès périphérique de faciès à rudistes supposés de lagon interne, comme il l’est admis depuis des décennies.

La première étape de la thèse consiste à intégrer la géométrie stratigraphique de la falaise est du Vercors jusqu’à Grenoble, dans l’amont du système de dépôt. Il faut comprendre comment calcarénites et urgonien sensu-stricto à rudistes s’organisent mutuellement au sein des clinoformes de progradation dans la partie septentrionale de cette plate-forme et non pas seulement à sa périphérie sud, en bordure de la fosse vocontienne. Cette phase du travail demande une étude géométrique détaillée de la falaise est (panoramas photographiques par drône afin de supprimer les effets indésirables de perspective). L’analyse sera combinée à des corrélations de coupes sériées, destinées à l’examen sédimentologique des faciès. Enfin l’observation et l’interprétation systématique des microfaciès seront réalisées, de façon à comprendre leur agencement dans les deux systèmes sédimentaires successifs.

La deuxième étape correspond en une extension régionale de l’étude (Chaines subalpines nord) destinée à connaître et comprendre les directions de progradation de l’urgonien.

Profil 

L(a)(e) candidat(e) devra avoir des connaissances en sédimentologie, stratigraphie séquentielle et micropaléontologie. Le sujet de thèse nécessite de nombreuses campagnes de terrain et des travaux en laboratoire (microscopie optique, mesures pétrophysiques,…).

Précision sur l'encadrement
  • Établissement : Université de Lorraine - École doctorale RP2E - Ressources Procédés Produits Environnement Spécialité Terre solide : géodynamique des enveloppes supérieures, paléobiosphère
  • Encadrement : Danièle GROSHENY  directrice, Fabrice MALARTRE et Didier QUESNE co-encadrants.
  • Début de la thèse le 1 septembre 2017
  • Contrat doctoral sur 3 ans (bourse du MENESR) obtenu.

 

Date limite de candidature 31 mai 2017