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Géochronique 105, Mars 2008 - La chaîne varisque Géochronique 105, Mars 2008 - La chaîne varisque

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Date de mise en ligne: 20/12/2012
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105La chaîne varisque, ou hercynienne, constitue « l'épine dorsale » du continent européen dont l'architecture détaillée et les modalités d'édification restent largement débattues. Aucun colloque consacré à cet orogène ne s'était tenu en France depuis près de vingt ans. En septembre 2007, une réunion spécialisée, dédiée à l'œuvre scientifique de Philippe Matte, co-organisée par le BRGM et les universités de Nice, Orléans et Strasbourg et patronnée par les Sociétés géologiques de France et de Tchéquie, l'Académie des Sciences et le ministère de l'Enseignement supérieur, a rassemblé à Orléans de nombreux participants venant de la plupart des pays européens, de Russie, de Chine et des USA. Ce dossier vient compléter la réunion d'Orléans en s'adressant au plus grand nombre de nos collègues désireux de connaître l'évolution des idées sur la chaîne varisque française. Il ne s'agit pas ici de présenter de façon exhaustive la géologie antépermienne de la France mais d'apporter des informations nouvelles ou de proposer des interprétations plus synthétiques sur cet orogène.

Il est assez bien admis que la chaîne varisque résulte de l'ouverture puis de la fermeture d'espaces océaniques séparant les continents Gondwana et Laurussia et plusieurs microcontinents intermédiaires. À la fin du Paléozoïque, cette chaîne formait probablement un relief aussi impressionnant que l'actuelle chaîne himalayenne. Cependant la localisation précise des sutures, l'identification des contacts tectoniques importants, l'âge des événements ou les reconstitutions géodynamiques demeurent des points encore très controversés. Cette diversité d'opinions se reflète dans les contributions exposant les points de vue des paléobiogéographes, des paléomagnéticiens ou des tectoniciens. La diversité de la chaîne varisque en France et dans les régions environnantes est bien illustrée par les articles sur l'avant¬pays septentrional ardennais et sur les domaines « internes » métamorphiques du Massif central ou du Massif armoricain. Les corrélations entre ce segment principal de la chaîne et sa branche méridionale demeurent délicates à cause de l'importance des événements mésozoïques et cénozoïques. De même, le socle caché sous le bassin de Paris, accessible ponctuellement par des forages ou indirectement par des méthodes géophysiques renferme une complexité encore mal comprise. Quelques pistes sont suggérées ici. Depuis plusieurs années, la connaissance de ce substratum a progressé en particulier grâce à l'avancement du programme de cartographie au 1/50 000e piloté par le BRGM et aussi par l'acquisition de nouvelles données en magmatologie, en thermobarométrie métamorphique et surtout en géochronologie. La chaîne varisque représente également un champ expérimental de première importance pour tester les nouveaux outils d'imagerie et de modélisation numérique 3D des socles qui seront certainement appelés à prendre de plus en plus d'importance dans les années à venir.

Enfin, n'oublions pas que la chaîne varisque est une région très diversifiée en métaux et qu'elle renferme de nombreux gisements économiques. Même si la demande globale en matières premières et énergétiques connaît un essor spectaculaire, il est sans doute peu probable d'y découvrir de nouveaux gisements de classe mondiale, mais les gîtes minéraux varisques, souvent exemplaires, peuvent fournir des modèles conceptuels très utiles pour la prospection.

Ce rapide tour d'horizon fait également apparaître le besoin de renforcer les études géologiques de la lithosphère continentale et tout particulièrement celle du continent européen par des approches pluridisciplinaires associant la géologie de terrain aux outils les plus modernes de la géophysique et de la géochimie. Il est donc fondamental de poursuivre les recherches académiques et appliquées de cet objet fédérateur pour la géologie européenne afin de laisser aux générations futures une connaissance de l'espace souterrain lui permettant d'exploiter de façon raisonnée et de protéger ses ressources naturelles et son cadre de vie.

M. FAURE, J.M. LARDEAUX, P. ROSSI
 
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Géochronique 121, Mars 2012 - Formations superficielles Géochronique 121, Mars 2012 - Formations superficielles

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Date de mise en ligne: 18/12/2012
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121La majorité des questions environnementales ne peut trouver de solution pertinente sans une bonne connaissance de la géologie. Qu'il s'agisse d'exploration/production d'eaux souterraines de qualité, de travaux d'infrastructures pour le transport ou l'habitat, d'inventaire des aléas naturels pour s'en prémunir, de potentiel géothermie basse énergie, de stockage de déchets, d'exploitation de ressources minérales ou des effets du changement climatique,... toutes ces activités supposent une connaissance fiable du proche sous¬sol et donc de formations géologiques particulières regroupées sous l'appellation formations superficielles ou régolithe.

Ces formations qui constituent l'épiderme de la Terre résultent de l'interaction chimique et physique de la lithosphère avec l'hydrosphère, l'atmosphère et la biosphère. Elles recouvrent l'essentiel des terres émergées et immergées d'un manteau presque continu et forment un ensemble de roches le plus souvent meubles formées in situ (altérites) ou d'origine sédimentaire et transportées (formations alluviales, colluviales, éoliennes, lacustres, glaciaires, gravitaires). Ces formations sont le support de l'activité biologique, l'objet de nombreuses activités humaines, la source de matériaux exploitables, l'encaissant des nappes alluviales et la roche¬mère de nombreux sols. De leurs propriétés dépendent les possibilités d'occupation de notre espace de vie et les contraintes à prendre en compte pour sa gestion raisonnée.

La Carte géologique de la France et la Banque du sous-sol (BSS) qui recense les ouvrages souterrains en application du Code minier (http://infoterre.brgm.fr) rassemblent l'essentiel des connaissances géologiques sur le territoire national. Dans le cadre du lancement du programme de Référentiel géologique de la France un état des lieux en a été fait. Ce travail a été finalisé pour les formations superficielles et le dossier présenté dans ce numéro fait un examen critique de la quantité et de la qualité des données disponibles.

Au-delà de leur importance économique, les formations superficielles sont aussi des objets géologiques qui renseignent sur la longue histoire des surfaces continentales et les paléoclimats qui les ont affectées... un domaine de recherche passionnant que les auteurs de ce dossier souhaitent faire partager.

P. NEHLIG

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Géochronique 132, Décembre 2014 - La Corse alpine Géochronique 132, Décembre 2014 - La Corse alpine

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Date de mise en ligne: 15/12/2014
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Geochronique 132
La Corse alpine

La lecture des cartes géologiques publiées depuis la fin du XVIIIe siècle permet de suivre l'histoire de la découverte géologique de la Corse alpine (Ph. Rossi) jusqu'à l'époque actuelle et la fin du programme de cartographie géologique à 1/50 000 (J.-C. Lahondère). Les relations du bloc corso-sarde avec le continent avaient déjà été envisagées par E. Argand mais c'est l'utilisation du paléomagnétisme qui a permis de comprendre la cinématique du mouvement qui a conduit les îles à leur emplacement actuel (J. Gattacceca). L'originalité de la Corse alpine est sa position à la charnière Alpes-Apennin. La Corse a évolué au cours du Tertiaire dans un contexte en convergence (rapprochement Afrique- Europe) et représente une portion de la marge européenne de la Téthys qui est – comme dans les Alpes – d'abord entrée en subduction sous la plaque adriatique au Paléocène mais qui, à la fin de l'Éocène, suite à l'inversion du sens de la subduction, s'est retrouvée en position de plaque supérieure lors de la subduction apenninique sous l'Europe. Pendant l'Oligocène, le retrait vers l'est de la lithosphère océanique plongeante de la plaque adriatique en subduction provoque l'ouverture arrière-arc du Bassin liguro-provençal, la rotation antihoraire du bloc corso-sarde, le volcanisme calco-alcalin sarde et de la marge ouest corse et enfin l'ouverture plus tardive de la mer Tyrrhénienne (J. Malavieille et G. Molli). La mise en évidence d'une extension généralisée en Corse pendant l'Oligocène et le Miocène et la compréhension de la dynamique des flux mantelliques liés au retrait du panneau plongeant sous les Apennins replacent cette histoire dans l'environnement de la Méditerranée occidentale (L. Jolivet). Les Schistes lustrés de la Corse alpine comprennent tous les éléments de la paléomarge téthysienne, depuis les unités les plus externes à dominante ophiolitique, et à faible degré de métamorphisme, jusqu'aux unités les plus internes et les plus métamorphiques qui correspondent à la zone de transition océan-continent (A. Vitale-Brovarone). Les paragenèses métamorphiques de haute pression-basse température y sont remarquablement préservées ; la conservation exceptionnelle de la lawsonite compte même la Corse alpine au nombre des très rares exemples mondiaux.

Le contenu sédimentaire des formations miocènes post-nappes (M.-D. Loÿe-Pilot et M. Ferrandini) montre que, jusqu'au Tortonien, les matériaux détritiques en Plaine orientale sont issus du batholite hercynien de la Corse occidentale, transportés par-dessus la Corse alpine submergée à cette époque. C'est au cours du Tortonien supérieur- Messinien basal (vers 7-8 Ma) que l'arrivée de détritus grossiers en provenance des Schistes lustrés révèle la surrection de la Corse alpine.

Les marges corses (P. Guennoc et I. Thinon) résultent d'événements qui se sont succédé depuis l'histoire pré-rift, durant l'ouverture du Bassin liguro-provençal entre 30 et 15 Ma et la rotation du bloc corso-sarde. Comme dans les autres marges de la Méditerranée, la crise de salinité messinienne, entre 5,9 et 5,33 Ma, y a laissé des empreintes importantes. Le domaine de la transition continent – océan, entre bassin liguro-provençal et côtes de Corse occidentale, est caractérisé par la présence d'une activité volcanique mise en place lors de l'ouverture. Bordant la Corse alpine, le bassin Est-Corse est le plus étendu du système toscan et serait contemporain de l'ouverture du Bassin liguro provençal et de la première phase d'ouverture de la mer tyrrhénienne. En liaison avec les changements climatiques, l'importante sédimentation plio-quaternaire a conduit à l'élargissement, voire à la construction, de la plate-forme insulaire par prismes sédimentaires successifs, en particulier au large de la plaine de Bastia.

Témoins du plancher océanique téthysien, les ophiolites de la Corse alpine ont été exploitées pour l'amiante, parmi ces mines, celle de Canari, au nord de Saint-Florent fut l'une des plus importantes en Europe. Le risque sanitaire dû à l'amiante en Corse alpine n'est pas toutefois seulement restreint aux anciennes mines – ou lié aux matériaux de construction en contenant – mais il est aussi présent dans l'environnement naturel. En effet, tous les massifs ophiolitiques renferment – ou sont susceptibles de renfermer – de l'amiante. Soumises à l'érosion naturelle et aux activités humaines, ces roches peuvent se désagréger et libérer dans l'air, plus ou moins rapidement, les fibres d'amiante qu'elles renferment (D. Lahondère). Ce dossier rappelle enfin le passé minier de la Corse alpine (A. Gauthier, J. Féraud). Aujourd'hui si les anciennes mines de la Corse alpine peuvent aussi être source de préoccupations sanitaires pour les populations, leur visite offre en revanche de grandes satisfactions pour le minéralogiste.

En forme d'hommage à M. Durand-Delga qui a œuvré, avec ses élèves à la Sorbonne puis au Laboratoire de Géologie Méditerranéenne à Toulouse, à la connaissance non seulement de la Corse mais aussi de l'ensemble de l'orogène alpin en Méditerranée.

Ph. ROSSI

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Géochronique 122, Juin 2012 - Stratigraphie Géochronique 122, Juin 2012 - Stratigraphie

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Date de mise en ligne: 18/12/2012
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122Il y a encore quelques années se revendiquer « stratigraphe » n'était plus de mode, et pourtant, comme Mr Jourdain faisait de la prose dans le Bourgeois Gentilhomme de Molière, tous les géologues font peu ou prou de la stratigraphie. La stratigraphie, en effet, est au centre de toute étude géologique. Aucune interprétation de l'histoire de la Terre ne peut être suggérée sans comprendre la succession des strates, sans analyser en détail leurs contenus physiques, chimiques, biologiques, sans tenter de les corréler le plus finement possible à l'échelle globale, et surtout, sans estimer le temps géologique que ces strates représentent, objectif majeur de la stratigraphie.

La stratigraphie, à l'instar d'autres disciplines des géosciences, a vécu ces dernières années un renouveau et un développement accéléré. Ceci se traduit par exemple par l'adoption d'échelles des temps géologiques intégrées et unifiées, ainsi que par la standardisation des procédures stratigraphiques, mais aussi et surtout par l'apparition de nouvelles techniques et méthodes qui ont révolutionné notre perception des séries sédimentaires, et qui permettent d'aller de plus en plus loin dans l'analyse et l'interprétation de tous les événements qui ont ponctué l'histoire de la Terre, et qui ont laissé leurs traces dans les séries de roches stratifiées.
 
La stratigraphie est ainsi une discipline aux multiples facettes. Ce dossier ne peut être une présentation exhaustive des avancées méthodologiques et des résultats obtenus en stratigraphie ces dernières années. Les contributions réunies ici apportent quelques éclairages sur des méthodes, sur des problématiques variées, sur des questions récurrentes de fond, comme la précision de l'échelle des temps géologiques, aussi bien que sur des applications plus sociétales.
 
Par exemple, la biostratigraphie, une des plus anciennes disciplines de la stratigraphie a profondément évolué vers plus de précision, plus de questionnement que simplement proposer des âges. Des paléontologues nous en proposent ici quelques aspects sur des vertébrés, des invertébrés, des microfossiles. Les limites de périodes géologiques traduisent souvent des crises paléoenvironnementales, mais pas toujours ; des spécialistes d'horizons variés nous proposent ici des scénarios pour quelques unes de ces limites. La calibration astronomique des temps géologiques à travers la cyclostratigraphie est une des disciplines les plus récentes de la stratigraphie, ses conséquences en sont déjà révolutionnaires pour l'estimation du temps géologique. Les forages profonds, océaniques ou continentaux, contribuent largement au renouveau de la stratigraphie, des exemples récents sont présentés ici...
 
Ce dossier illustre bien ce qu'est la force de la stratigraphie : innovation, pluri¬disciplinarité, approches multiples...
 
Les stratigraphes sont des conteurs passionnés, les auteurs de ce dossier ont souhaité raconter quelques histoires, ils espèrent avoir tenu en haleine les lecteurs de Géochronique.

B. GALBRUN

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Géochronique 126, Juin 2013 - Les Ciments Géochronique 126, Juin 2013 - Les Ciments

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Date de mise en ligne: 10/04/2013
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126

Les ciments : matériaux, procédés et analogues naturels

Bien que constitué de matériaux géologiques (calcaire et argile ou calcaire argileux utilisés pour la fabrication de l’ingrédient de base du ciment : le clinker ; gypse – entres autres – utilisé comme régulateur de prise) et calcaire d’ajout, le ciment reste relativement peu connu des géologues.

Pourtant, la pétrographie et la minéralogie appliquées à l’étude de ces matériaux sont fondamentales pour reconstituer non pas leur histoire, celle-ci étant spontanée à l’échelle géologique, mais bien leurs conditions de formation en milieu industriel, très utiles pour les contrôles de la qualité du procédé. Le concept de composition minéralogique normative au sens CIPW est largement utilisé dans le milieu industriel sous le nom de « composition potentielle ». L’étude des microtextures, des morphologies cristallines, des inclusions… révèle des processus de transformations minéralogiques, de fusion partielle et de transferts de matière du même type que ceux décrits en pétrographie traditionnelle.

Après une introduction consacrée au ciment et à son historique ainsi qu’à son économie, les enjeux environnementaux actuels (diminution des rejets de CO2, minimisation de l’utilisation des ressources naturelles) seront également abordés, dans la mesure où l’industrie cimentière, très émettrice de CO2, est également une grande consommatrice de sous-produits industriels en substitution des ressources naturelles. Celles-ci sont évoquées dans le cas spécifique des cimenteries françaises dans leur cadre géologique.

Nous présentons les analogues naturels des ciments, et plus spécifiquement de son constituant principal, le clinker Portland. En effet, dans certains contextes géologiques très particuliers, certes ponctuels, la nature a pris le temps de faire subir à des calcaires et des argiles des phénomènes thermiques semblables à ceux régnant dans un four de cimenterie, et également de les hydrater comme un ciment.

Pour conclure, nous livrons un aperçu de la recherche sur les matériaux cimentaires (minéralogie, stabilisation de certaines phases…) où, là encore, les outils sont similaires à ceux de la pétrographie/minéralogie classique, ainsi que sur les utilisations du ciment.

Enfin, compte-tenu du « jargon » cimentier et également dans la mesure où les phases minérales décrites dans ce cahier sont assez peu répandues, nous livrons un glossaire en complément d’éventuelles remarques au fil du texte.

V. THIÉRY, D. DAMIDOT, L. IZORET

 

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Géochronique 112, Décembre 2009 - L'après-mine. Carte géologique du monde Géochronique 112, Décembre 2009 - L'après-mine. Carte géologique du monde

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Date de mise en ligne: 20/12/2012
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112

Si l'exploitation minière a en France l'ancienneté que l'on sait, l'après-mine est paradoxalement une activité très récente. C'est en effet seulement à la fin des années 90, après une série de mouvements de terrains inattendus qui ont détruit plusieurs dizaines d'habitations (Fig. 1) et traumatisé la Lorraine, que nous avons pris collectivement conscience de la nécessité de gérer durablement les conséquences techniques et environnementales de l'activité minière.

Auparavant, si les conséquences économiques et sociales de la fermeture des minespouvaient mobiliser lourdement tout l'appareil d'État, on considérait en revanche, mais à tort, qu'il n'y avait pas matière à une gestion des risques miniers au delà des procédures d'arrêt des travaux par les anciens exploitants telles que prévues par le Code minier.

Cette prise de conscience brutale a conduit l'État à mettre en place rapidement tout un ensemble d'outils pour assurer cette gestion des risques de l'après-mine : des outils juridiques d'abord, avec notamment l'organisation du transfert de la responsabilité de la gestion desrisques mais aussi de la réparation des dommages vers l'État à la fin des concessions ou à la disparition des anciens exploitants. Et puis, des outils opérationnels, avec la reconstitution des compétences minières dans les DRIRE, avec le regroupement et le développement d'une capacité d'expertise au sein de GEODERIS, avec le développement de la recherche, avec enfin la constitution, par transfert des compétences et des hommes de Charbonnages de France, d'une compétence opérationnelle de gestion de l'après-mine au sein du BRGM.

Ce dispositif actuellement piloté par la direction générale de la prévention des risques (DGPR) du grand Ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer est aujourd'hui en état de marche. Le présent numéro permettra au lecteur d'en découvrir tous les aspects.

 
J. GOELLNER
Chef du service des risques technologiques
Direction générale de la prévention des risques
 
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Géochronique 118, Juin 2011 - Terres rares Géochronique 118, Juin 2011 - Terres rares

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Date de mise en ligne: 18/12/2012
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118Les « Terres rares » sont à la mode. Cet ensemble de 16 éléments chimiques aux noms peu connus du grand public (cérium, dysprosium, erbium, europium, gadolinium, holmium, lanthane, lutécium, néodyme, praséodyme, prométhium, samarium, terbium, thulium, ytterbium, yttrium) sont devenus de véritables sujets médiatiques, car leurs applications industrielles sont très nombreuses, à part le prométhium dont il n'existe pas d'isotope stable.

Elles symbolisent le génie technologique de l'être humain, leur utilisation individuelle étant indispensable à de nombreuses technologies de pointe, dans des domaines aussi divers que l'aéronautique, l'automobile, la défense, l'éclairage, l'énergie et notamment l'énergie éolienne, l'espace, la santé ou l'industrie du verre... voire même la protection des billets de banque contre la contrefaçon !

Dans la longue histoire de l'humanité et de son lien avec la géologie et les ressources minérales, les premières applications industrielles des terres rares ne datent que de la fin du XIXe siècle avec l'invention des manchons à gaz modernes au thorium et au cérium en 1891 par le chimiste Carl Auer von Weisbach. Ce fut la première révolution technologique due aux terres rares, car elle rendit possible l'éclairage urbain à grande échelle. Cette technologie est toujours utilisée dans les lampes de camping à gaz ou au naphte. Auer inventa également la pierre à briquet, contenant 30 % de cérium, une terre rare. Son invention est toujours présente dans les briquets actuels.

Leurs multiples applications en font des éléments indispensables à la compétitivité de nos économies modernes, par exemple pour la production des éoliennes les plus performantes ou des véhicules électriques et hybrides. À l'heure où 97% de la production de terres rares vient de Chine, les enjeux géopolitiques liés aux terres rares sont considérables, faisant de cet ensemble d'éléments de véritables vedettes médiatiques.
Ce numéro de Géochronique vous invite à découvrir l'univers fascinant des terres rares à travers leur histoire, leurs gisements, leurs applications, les enjeux économiques et stratégiques qui y sont liés. Il est le résultat du travail de trois experts en ressources minérales, dont deux anciens collaborateurs du BRGM aujourd'hui à la retraite et un encore en activité.

Il illustre fort bien les relations intimes et complexes existant entre géologie, ressources minérales, économie, stratégie et compétitivité, ainsi que les défis considérables auxquels l'homme se trouve confronté, l'utilisation raisonnée des ressources minérales étant l'un des moteurs du développement durable, au même titre que leur recyclage ou la conception de produits et de services plus économes en ressources.

Je vous en souhaite bonne lecture.

J.-Fr. ROCCHI Président – Directeur Général du BRGM

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Géochronique 120, Décembre 2011 - Granites et granitoïdes Géochronique 120, Décembre 2011 - Granites et granitoïdes

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Date de mise en ligne: 18/12/2012
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120 Avec le calcaire et le basalte, le granite est sans doute la roche que tout le monde connaît, voire reconnaît sur le terrain ou comme pierre ornementale. Cependant, son origine a fait l'objet de controverses passionnées depuis le XVIIIe siècle. La querelle entre "neptunistes", qui voyaient dans le granite une roche primordiale provenant de la sédimentation dans un océan primitif, et "plutonistes", qui reliaient le granite aux filons et aux formations volcaniques, c'est¬à¬dire aux phénomènes magmatiques, a évolué au cours du XIXe siècle. Elle a laissé la place à la controverse entre "magmatistes" héritiers des "plutonistes" et "métasomatistes", qui considéraient le granite comme un terme ultime du métamorphisme, changeant de composition chimique sous l'action de fluides ou par diffusion dans l'état solide. Cette controverse n'a réellement pris fin que dans les années 60 du siècle dernier, après la publication en 1959 du livre de Tuttle et Bowen sur l'origine du granite à la lumière d'expérimentations et la réalisation en laboratoire de liquide granitique par fusion partielle de sédiments.

Pour autant, le granite reste une roche énigmatique à bien des égards. Comme Buffon l'écrivait déjà au XVIIIe siècle, le granite est la roche la plus simple et la plus variée : la plus simple, car constitué uniquement de quartz et de feldspaths, la plus variée à cause du cortège minéralogique associé et des types d'environnements géodynamiques. Contrairement à une idée reçue bien ancrée, le granite existe ailleurs que dans la croûte continentale. Les travaux océanographiques des années 70 du siècle dernier ont apporté la preuve que des intrusions granitiques affleurent actuellement dans les rides médio-océaniques, ce qui permet de comprendre la signification des plagiogranites dans les complexes ophiolitiques. De plus, le granite existe depuis 4,53 milliards d'années ailleurs que sur Terre, dans des environnements très pauvres, voire dépourvus en eau, comme la Lune et les météorites issues de la ceinture d'astéroïdes.

Présents au cours de toute l'histoire de la Terre depuis 4,4 milliards d'années jusqu'à l'époque actuelle, les granites présentent des associations géologiques très variables. Les suites magmatiques comportant des granites ont évolué considérablement au cours du temps et selon les contextes géodynamiques. Elles reflètent le processus global de refroidissement et d'évolution de la planète. Ce dossier résume les dernières avancées scientifiques sur un problème ancien dont la tectonique des plaques a renouvelé l'approche.


B. BONIN

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Géochronique 104, Décembre 2007 - Matière organique Géochronique 104, Décembre 2007 - Matière organique

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Date de mise en ligne: 20/12/2012
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104La matière organique est un constituant banal quoique mineur de l'Univers. Composant des êtres vivants, elle est, une fois « morte », ubiquiste dans les eaux, les sols, les sédiments récents ou anciens. La matière organique est, par sa nature et sa réactivité, un constituant « géologique » tout à fait singulier et pourtant familier. Elle baigne notre quotidien puisque près de 80 % des ressources énergétiques consommées actuellement par l'humanité sont des combustibles fossiles carbonés. Elle est aussi porteuse d'informations sur les environnements et la vie passés, sur les transformations que subissent les sédiments et enfin elle participe à de nombreux cycles, échanges et transferts qui caractérisent l'activité de notre planète. La matière organique est également au coeur de nombreuses questions de société en tant qu'acteur majeur du cycle du carbone.


Le champ qu'occupe la matière organique « géologique » dans les domaines académiques et appliqués est ainsi extrêmement vaste. Aussi nous a-t-il fallu faire des choix et restreindre la palette des sujets abordés. Ce dossier est donc loin d'être exhaustif puisque le cycle du carbone et les combustibles fossiles carbonés n'y sont pratiquement pas abordés. Certains pourront le regretter mais qu'il nous permettent de rappeler que Géochronique, dès sa parution (n°1 en 1982), a régulièrement fait le point sur les charbons et les pétroles. Par exemple, les hydrocarbures ont fait l'objet de dossiers spéciaux dans les numéros 79 et 87, en 2001 et 2003. Les tourbières ont été largement présentées dans le n° 71 de 1999.

C'est la volonté de présenter d'autres aspects organiques qui ont donc présidé au choix du thème et à l'aspect de « miscellanées organiques » que nous vous invitons à découvrir maintenant. Nous partirons de la matière organique des sols, pour nous intéresser ensuite aux processus de fossilisation des matières organiques terrestres et aquatiques avant d'examiner l'intérêt des marqueurs organiques dans la reconstitution des paléoclimats et des paléoenvironnements.

Nous manierons ensuite les outils de la chimie pour aider la matière organique à retrouver ses origines. Nous fermerons ce dossier en voyant comment elle peut servir de marqueur pour suivre l'évolution thermique des bassins sédimentaires.

F. Baudin
 
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Géochronique 124, Décembre 2012 - Tectonique et érosion Géochronique 124, Décembre 2012 - Tectonique et érosion

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Date de mise en ligne: 18/12/2012
Taille du fichier: 2.1 MB
124Actuellement, une large part de la communauté des Sciences de la Terre étudie les couplages entre enveloppes externes et enveloppes internes de la planète, car ils exercent une influence immédiate et sensible sur notre environnement. C'est principalement leur impact économique et sociétal, qui a catalysé les récents développements thématiques et méthodologiques dont ce dossier vous présente un état de l'art approfondi bien que non exhaustif.

La formation des reliefs est contrôlée par des couplages complexes entre les processus internes (tectonique) et les processus de surface (altération, érosion et sédimentation). La tectonique joue un rôle prépondérant en déformant la croûte terrestre, en rajeunissant ou en créant de nouveaux reliefs mais son action est étroitement liée aux processus de surface qui participent à la destruction des reliefs. À grande échelle, l'érosion modifie l'équilibre dynamique d'une chaîne de montagnes en déplaçant des volumes considérables de matériaux depuis les zones de hauts reliefs vers les bassins de piedmont ou les bassins océaniques voisins. Plus localement, elle modifie les contraintes et influence l'activité des failles et la propagation de la déformation. La sédimentation exerce un effet similaire sur la tectonique en modifiant les contraintes au voisinage des failles ou en augmentant la charge dans les bassins, entraînant des réajustements isostatiques. Enfin, le climat au sens large est aussi un facteur à prendre en compte puisqu'il peut modifier régionalement ou localement l'intensité et les modes d'érosion. En retour, il peut lui aussi être affecté par la surrection tectonique des grands reliefs susceptibles de perturber la circulation atmosphérique (régime de mousson en Asie par exemple). L'étude de ces couplages est donc un point essentiel quand on s'intéresse à l'évolution morphologique des reliefs, au fonctionnement des grands systèmes de failles actives, aux bilans de flux de matière à l'échelle d'un orogène, ou bien encore à l'impact des reliefs montagneux sur le climat.


J. MALAVIEILLE et S. DOMINGUEZ

 

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