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Photo Jean Jacques JarrigeJean-Jacques, pourrais-tu s’il te plait résumer ton parcours professionnel et ton lien à la géologie ?

Suite à l’obtention d’un Doctorat en Géologie Structurale, j’ai opté pour une carrière dans l’exploration pétrolière qui m’a offert au fil des années une large vision des bassins sédimentaires mondiaux en travaillant au sein d’équipes pluridisciplinaires sur des données nombreuses souvent exclusives parfois innovantes et à l’écoute permanente de l’évolution des outils et des concepts dans nos disciplines. L’exploration des ressources naturelles du sous-sol reste une démarche incertaine dont les échecs inévitables conduisent à l’humilité et au retour constant aux fondamentaux donc à la géologie quelle que soit la sophistication des outils. Bref, un métier loin des routines quotidiennes !

Cette confrontation permanente avec la complexité du sous-sol m’a convaincu très tôt de la nécessité des échanges entre monde industriel et monde académique ce qui s’est traduit au fil des ans par de fructueuses collaborations avec des équipes de recherche françaises. Mais en parallèle, le monde associatif anglo-saxon par son dynamisme, lié à sa capacité à réunir la géologie conceptuelle et la géologie appliquée et à motiver bénévolement ses membres simplement autour d’une bière, a été le plus attractif pour moi et la plupart de mes collègues. J’ai eu ainsi, pendant de longues années, une activité bénévole au sein de l’AAPG (American Association of Petroleum Geologists) et de l’EAGE (European Association of Geoscientists and Engineers). Ces expériences m’ont démontré la nécessité de faire vivre des structures associatives regroupant des professionnels de tous les horizons et soutenues par un engagement désintéressé de chacun au bénéfice de tous et de nos disciplines. C’est pourquoi j’ai œuvré au rapprochement de l’UFG, du CNFG et de la SGF et assuré avant et après fusion des trois entités des postes de Conseiller, Vice-Président et Président.

 

Quelle est l’origine de ton engagement comme bénévole au sein de la SGF ?

À l’issue de mes mandats, j’ai souhaité prolonger mon action bénévole dans deux domaines :

  • Les échanges avec nos collègues du continent africain ;
  • La médiation en géosciences.

 

En 2018, la lettre mensuelle Pangea Infos a été créée. Grâce au soutien d’une dizaine de collègues bénévoles, français et africains, et aux contributions ponctuelles de beaucoup d’autres, la lettre est diffusée chaque mois depuis cinq ans vers un millier de destinataires. Elle a pour but de contribuer à une meilleure connaissance des travaux scientifiques et techniques en lien avec l’Afrique, favoriser les échanges entre communautés en particulier auprès de celles qui connaissent localement des difficultés.

Avec mes collègues bénévoles de Cap Terre, association affiliée à la section GEOLE de la SGF, nous menons des actions de médiation en géosciences en Aquitaine sous la forme de conférences, excursions, vidéos et d’interventions dans les écoles, collèges et lycées. L’objectif est de faire comprendre au plus grand nombre la place des Sciences de la Terre et des géologues dans leur vie quotidienne et leur donner ainsi des bases scientifiques pour mieux appréhender les défis sociétaux actuels dans un contexte où la désinformation est largement répandue.

Il faut bien avouer qu’à certains moments, le doute s’installe concernant l’utilité de ces actions désintéressées qui amènent peu de gratifications en retour.

Mais on est périodiquement récompensé par :

  • Les remerciements d’un géologue étranger éloigné des centres d’excellence à qui vous avez donné accès à une information, une publication récente ;
  • L’intérêt d’un adolescent à qui vous avez fait découvrir une partie de l’histoire ou de la dynamique de notre planète ;
  • L’étonnement d’un adulte à qui vous avez fait redécouvrir le paysage qui l’entoure au quotidien par une lecture géologique ;
  • La prise de conscience d’un citoyen qui découvre que les solutions simplistes dont on l’a abreuvé pour faire face aux enjeux actuels sont loin de la vérité scientifique.

 

Quel message souhaiterais-tu faire passer aux membres de la SGF qui souhaiteraient participer plus activement ?

N’attendez pas qu’on vous sollicite !

Quel que soit votre profil professionnel, proposez des actions à votre niveau local, même minimes, ou rejoignez des projets existants au sein de la SGF. Grâce aux outils modernes de communication on peut contribuer efficacement à distance. Je profite d’ailleurs de cette chronique pour faire savoir que je cherche un(e) collègue pour coordonner et développer Pangea-Infos.

En fonction de votre position, de vos compétences, de vos préférences et de votre environnement vous pouvez être actifs dans le fonctionnement de notre association ou dans des projets auprès des jeunes, des enseignants, du grand public.

Dans tous les cas, votre implication bénévole aura un impact pour faire connaître les géosciences, promouvoir le métier de géologue, et mettre en avant leurs places dans les enjeux sociétaux actuels. Elle contribuera à notre réaction face à l’évolution inquiétante des relations entre la société française et les sciences et techniques entretenue par des minorités constituées autour d’un rejet de celles-ci.