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Auteurs : Nicholas Arndt et Clément Ganino
Editeurs : Dunod, collection Sciences sup.
Nombres de page : 192
Prix public : 25,50 €
Date de parution : Mars 2010

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Dans le contexte français d’arrêt de l’activité minière, mais néanmoins avec le maintien de quelques pôles de formation, l’ouvrage Ressources Minérales de N. Arndt et C. Ganino est le bienvenu. Ce n’est pas un manuel pour gîtologues ou métallogénistes, plutôt un ouvrage d’initiation destiné aux universitaires en fin de Licence ou en Master, et aux élèves ingénieurs.Le livre s’ouvre sur une introduction à la géologie économique, traduction littérale d’Economic Geology, dont les auteurs peuvent être remerciés car il n’est pas si fréquent de rencontrer, dans un manuel destiné aux étudiants, des notions d’économie minière. On remarque ainsi l’excellente définition du « gisement », qui est lié à la rentabilité de l’exploitation, donc au cours du métal exploité. Des exemples viennent à l’appui de cette notion, sous forme d’exercices proposés. Les auteurs introduisent aussi la notion fondamentale de courbes tonnages/teneurs, et exposent rapidement les différents facteurs économiques, politiques et techniques, influençant l’exploitabilité d’un gisement.

Le chapitre suivant est consacré à des notions générales : utilisation des métaux, classification des minerais dont ils sont dérivés et enfin, différentes typologies tentées selon des critères très divers : température et profondeur de formation des gisements (Lindgren, 1933), position dans le contexte géotectonique, processus minéralisateur présumé, autrement dit leur genèse. Cette dernière classification, souvent adoptée, a été choisie par les auteurs. Elle se résume en trois systèmes : les gisements magmatiques,les gisements hydrothermaux et les gisements formés par des processus sédimentaires et de surface. L’essentiel de l’ouvrage est ainsi constitué par l’étude des gisements, classés, comme on l’a dit, selon leur genèse supposée. En tant qu’exercice académique, ce parti-pris aurait l’avantage d’être simple et clair. Mais pour le praticien qui désire rechercher ou estimer un gisement, l’inconvénient pratique majeur est que les processus de formation ne sont jamais évidents ;après des années d’exploitation il n’est pas rare que les disputes entre géologues sur le sujet de la genèse restent farouches.

Les auteurs distinguent ainsi cinq classes de gisements : magmatiques, hydrothermaux, détritiques, sédimentaires, et enfin latéritiques, les deux premiers faisant chacun l’objet d’un chapitre et les trois derniers regroupés en un seul chapitre. On se rend compte d’emblée de l’inconvénient de la classification par type de genèse. Des gisements très divers se côtoient dans la chapitre 1 : chromite stratiforme dans des ultrabasites, nickel en contexte komatiitique, étain et tungstène liés au granite et niobo-tantalates associées aux carbonatites...

Avec les gisements hydrothermaux, les auteurs reviennent à une typologie basée sur la morphologie et le contexte géologique. C’est que l’hydrothermalisme est un phénomène si vaste, si multiforme, que l’on pourrait sans trop exagérer dire que nous sommes nous-même d’origine hydrothermale ! Ainsi, les gisements de sulfures massifs volcanogéniques (VMS) dér¬vent-ils tous des célèbres « fumeurs noirs » des rides médio-océaniques ? Les gisements de type sédimentaire-exhalatif (Sedex) sont-ils tous associés au volcanisme ? Et lorsqu’on aborde les gisements de type « Mississipi Valley » (MVT), les mettre dans le même sac prend une allure d’Inventaire de Prévert.

D’ailleurs les auteurs, las de cette typologie génétique, reviennent bien vite à une classification descriptive avec les gisements de cuivre stratiformes (Kupferschiefer et Copperbelt), les gisements d’uranium, dont ils distinguent sept types principaux (d’origines très diverses), les gisements de type Olympic Dam (IOCG, pourIron-Oxide Copper Gold) dont la genèse est très hypothétique, et enfin les gisements d’or primaire, soit associés à des fluides magmatiques,soit contrôlés par des structures tectoniques, ou les deux à la fois.

La suite ne pose pas de problème particulier : l’origine des placers est évidente (encore que les conglomérats du Witwatersrand fassent l’objet d’une controverse : origine détritique ouhydrothermale du gisement d’or ?). De même pour les gisements sédimentaires, où l’on regrette tout de même que, les gisements de fer étant assez largement traités, seules quelques lignes soient consacrées au manganèse, phosphates,nitrates, sels, et soufre.

Un dernier chapitre traite de l’avenir de la « géologie économique », et la conclusion générale est plutôt optimiste du point de vue du géologue. En effet, si les réserves métalliques existent, encore faut-il les mettre en évidence, puis les exploiter. « Quel que soit le niveau où ils interviennent, les géologues seront toujours nécessaires au développement industriel ».

Il y a quelques oublis, comme la chromite podiforme, les gisements de cuivre « Red-Beds »,la distinction entre bauxite latéritique et karstique. Elles sont dues sans doute aux dimensions restreintes de l’ouvrage. On peut aussi regretter le peu de place consacré à l’aspect gîtologique de ces métaux de l’avenir que sont le lithium et les terres rares.

J’aurais une autre réserve à formuler, qui,celle-là, touche à la déontologie. Aucun des grands gîtologues français qui ont marqué le XXe siècle n’est cité dans les références. Que l’on ne mentionne plus Nicolini ou Bernard, je veux bien – encore que, dans le chapitre des gis¬ments MVT, la mine des Malines avec Bernard et Foglierini eût été utilement rappelée – mais
P. Routhier, H. Pélissonnier, E. Raguin, et même l’ancien L. de Launay ! Et ego in Arcadia vixi ! Sans oublier le tout récent ouvrage de gîtologie de Michel Jébrak et Eric Marcoux.

En dépit de ces deux réserves, on peut féliciter les deux auteurs d’avoir rappelé aux géologues français et à ceux qui seraient susceptibles de les employer, que les ressources minérales ne viennent pas toutes seules à la disposition de l’homme, qu’il faut les chercher et les exploiter, que c’est un travail de longue haleine qui demande patience et confiance, mais qui peut être magnifiquement récompensé.

Michel Rabinovitch

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