• Le fonds

Pierres du patrimoine européen : Economie de la pierre de l'Antiquité à la fin des temps modernes

Auteurs : François Blary, J.-P. Gély & Jacqueline Lorenz
Editeurs : Éditions du CTHS
Nombres de page : 482
Prix public : 32 €
Date de parution : 2008


Cet ouvrage, qui correspond aux actes du colloque tenu du 18 au 21 octobre 2005 à Château-Thierry, prend la suite d’une série de rencontres, depuis les années 80, concrétisées par des actes publiés par le CTHS. La particularité de ce colloque est d’avoir alterné les présentations en salle et les visites sur sites. Il y a eu au total 19 communications, 31 posters et trois excursions, respectivement à Château-Thierry, dans la région de Provins (églises rurales) et sur la montagne de Laon. Les actes regroupent 48 contributions .

Comme le rappelle Léon Pressouyre dans son introduction, les organisateurs du colloque ont voulu éviter une focalisation excessive sur les marbres et roches décoratives en élargissant le champ à la diversité des pierres extraites, tout en s’appuyant sur les études de carrières et en mettant l’accent sur l’économie de la pierre, même si l’on peut regretter la faible participation du monde de l’entreprise. Dans cet esprit, la première partie des actes concerne l’approche de l’étude des pierres (carrière ou chantier : 22 contributions) et la seconde, l’économie et la logistique de l’approvisionnement (de l’extraction à la construction : 20 contributions). Une partie plus courte est consacrée à la pierre dans les politiques du patrimoine.

L’étude des carrières est abordée à différentes échelles : régionale (bassin de Paris), bassin carrier (Doué-la-Fontaine) ou site d’extraction (Cave Noire, près de Tonnerre, site minier de Pampailly). Mais dans cette première partie, c’est le retour vers les matériaux de construction à partir des bâtiments qui domine, une approche traditionnelle de l’archéologie. Dans la seconde partie, les exemples présentés concernent essentiellement l’approvisionnement en un type de pierre (pierre de Lutèce, pierre de Caen, « grison » de Vrines dans le Thouarsais, trachyte de Vénétie, gypse de l’Île –de-France…), à une époque donnée (Belgique aux époques antique et médiévale, Pays-Bas au Moyen Age, Normandie orientale à la fin du Moyen Âge…), ou dans le cadre d’une ville ou d’un monument (Nîmes, Reims, château de Château-Thierry …). La 3ème partie propose quelques exemples de stratégies menées à l’échelle d’un site (Agora d’Athènes), d’un établissement (Laboratoire de recherche des Monuments historiques), d’une technique (joints dans l’architecture de pierre), voire d’une perspective régionale (patrimoine européen).

Dans leur conclusion, au-delà des traditionnelles études sur la mise en œuvre de la pierre, François Blary, Jean-Pierre Gély et Jacqueline Lorenz, insistent sur l’importance d’élargir le champ à l’ensemble de la chaîne technologique (extraction, transport, mise en œuvre), à l’étude fine des carrières (y compris souterraines), à l’histoire des bâtiments (évènements postérieurs à la construction, reconstruction, réparation…), aux questions de marché et de prix des matériaux, aux métiers de la pierre. Cette perspective implique une approche pluridisciplinaire renforcée entre archéologues, géologues et historiens.

De la diversité de contributions rassemblées dans les actes de ce colloque, on retiendra la possibilité de se référer à des approches très diverses sur un grand nombre de types de pierre, de régions et de monuments. Au-delà des archéologues, les géologues, et pas seulement les spécialistes de ces questions, trouveront largement leur compte dans cette mise en perspective des pierres du patrimoine.

La Rédaction

Guide du patrimoine géologique en Poitou-Charentes

Auteurs : D. Poncet, J. –P. Sardin, J. –P. Minier
Editeurs : Geste éditions
Nombres de page : 157
Prix public : 16 €
Date de parution : 2008


Il est inhabituel de trouver un guide qui appréhende le champ du patrimoine géologique selon plusieurs fils directeurs. En l’occurrence, après divers développements introductifs sur ce patrimoine et le contexte régional (géologie et biosphère), on peut aborder le guide par l’entrée du temps (Dévonien à Cénozoïque), celle des roches et des paysages et terroirs correspondants (plutoniques et sédimentaires), celle de l’Homme et la pierre dans la région (5), ou encore celles des formations géologiques (10), des gisements minéralogiques ou fossilifères (4), des structures géologiques (7) ou des formes du relief (9). L’ouvrage se termine par une présentation de l’activité du Conservatoire d’espaces naturels de Poitou-Charentes en faveur du patrimoine géologique (inventaire, aménagements de sites, animations), une bibliographie et un glossaire.

La région est riche d’une géologie variée et d’une diversité de milieux écologiques. L’histoire géologique renvoie à des sites dont les plus remarquables sont présentés dans les chapitres « Formations » et « Structures » qui ne portent que sur des formations sédimentaires, à l’exception de l’astroblème de Rochechouart, une singularité régionale et nationale. Les substances minérales d’intérêt présent ou passé relèvent des matériaux (granulats, pierre de taille, argiles et liants hydrauliques), des métaux (concrétions ferrugineuses cénozoïques, plomb argentifère de Melle) et des combustibles solides (tourbe quaternaire, houille carbonifère de Saint-Laurs). Enfin, le chapitre sur les formes du relief, également liées au contexte géologique, met l’accent sur des modelés (méandre, résurgence, vallée sèche, chaos de bloc) ou des reliefs structuraux (falaise, butte témoin).

Cette présentation conduit le lecteur à privilégier une lecture par entrée thématique et c’est une bonne voie pour accrocher son attention. Libre à lui ensuite de construire tel ou tel itinéraire de découverte pour des raisons d’intérêt personnel ou de proximité géographique. On peut regretter que les lieux d’exposition de patrimoine ne soient pas présentés, d’autant que certains (Melle, Rochechouart…) sont exceptionnels.

La rédaction

Falaises du Pays de Caux. Lithostratigraphie des craies turono-campaniennes

Auteurs : Bernard Hoyez
Editeurs : Publications des Universités de Rouen et du Havre
Nombres de page : 348
Prix public : 40 €
Date de parution : 2008


Cet ouvrage correspond à une monographie lithostratigraphique et sédimentologique détaillée sur la craie du Turonien-Campanien dans les falaises normandes qui s’étendent d’Antifer au SW au cap de Penly au NE, soit sur une distance d’environ 100 km, découpée en trois tronçons : 1) Antifer - Fécamp, 2) Fécamp - cap d’Ailly et 3) Penly – cap d’Ailly. Ce découpage s’appuie sur la tectonique et des différences sensibles dans les conditions de sédimentation.

Se référant au découpage biostratigraphique réalisé dans les falaises de craie anglaises, l’objectif était d’établir une stratigraphie fine à l’échelle régionale et de proposer une interprétation de certains phénomènes sédimentaires ou tectoniques. Dans ce but, des intervalles lithostratigraphiques ont été définis, comme le montre le tableau ci-dessous (voir revue Géologues pour le tableau), qui souligne aussi des variations d’un tronçon à l’autre.

Chaque intervalle est décrit avec ses dénominations antérieures, sa visibilité dans la falaise, son épaisseur, ses limites stratigraphiques (en France et en Angleterre), sa composition. Des photographies accompagnent la description, sur lesquelles sont indiqués les limites des intervalles et la position des marqueurs (niveaux marneux, silex, surfaces durcies = hard-grounds). L’analyse très fine proposée a aussi permis d’observer des phénomènes liés à la morphologie du fond sous-marin (mégarides, mudmounds), aux fluctuations du niveau marin et aux changements climatiques (épisodes de refroidissement). Il reste à caler la biostratigraphie pour parfaire les correspondances avec les séquences datées d’Angleterre.

Nul doute que cet ouvrage de bénédictin nourrira de futures études fondamentales et fournira des connaissances de base utilisables dans le champ des applications (géotechnique, hydrogéologie).

La rédaction

Chouchou le petit caillou et le Parc aux Merveilles

Auteurs : Alain Plas, Magali Chierico
Editeurs : Label Histoire Éditeur
Nombres de page : 32
Prix public : 16 €
Date de parution : 2004


Il est rare que « Géologues » soit sollicité pour une note de lecture d’un album pour enfants. Et pourtant celui que nous propose Alain Plas pour les textes et Magali Chierico pour les dessins mérite bien que l’on retourne en enfance pour suivre le cheminement de Chouchou le petit caillou . Ce petit personnage, dont le corps ovoïde se confond avec une figure étonnée ou contemplative, est accompagné de Jade sa fidèle compagne, de Vieille Branche son ami de toujours sous l’apparence d’un tronc et de Matt, le gypaète barbu du Mont Cervin qui leur sert de monture à travers le Parc aux Merveilles.

Le parcours de découverte que Chouchou et ses compagnons nous proposent débute au sommet du Mont-Blanc, toit de l’Europe, pour se poursuivre principalement dans le Parc du Mercantour autour de lieux mythiques comme le Mont-Bégo, la Vallée des Merveilles, Saint-Martin de Vésubie…, sans oublier des incursions à tire d’aile en Italie et en Suisse, pour se terminer au-dessus de Monaco. Cet itinéraire pourrait rester un peu extérieur si ce n’était celui des personnages qui découvrent, s’étonnent et s’émerveillent au fil des paysages et des personnages rencontrés : Cargneules de Vignols, Pélita en promenade dans les gorges de Daluis et dont les amis sont Merles de roche, Grives musiciennes et la Louve Roma, Gneissy, Granito, sans oublier la méchante sorcière de la cime du Diable, qui se cache sous un diamant, une pierre inconnue dans le Mercantour, ce qui met la puce à l’oreille de nos héros.

Mais l’album ne se limite pas à un parcours imaginaire et magique avec des personnages pour enfants et des paysages somptueux, c’est aussi une entrée dans l’univers géologique, tant par le choix du personnage central, Chouchou le petit caillou, que par les dénominations des autres personnages, Jade, Cargneules de Vignols, Gneissy ou Granito, ou les mots introduits dans le texte. Qu’on en juge plutôt : des lacs et des moraines du Mercantour vestiges de l’ère glaciaire, la pyramide de calcaire noir du Mont Mounier, un gabbro et un petit calcaire jurassique, le dôme du Barrot géant de cuivre, la fiancée de Granito, une roche napolitaine, etc.

Certes, ces petits messages géologiques ne vont pas combler le fossé d’ignorance de la société face à la géologie de tous les jours, mais ils peuvent déjà convaincre les enfants que les pierres sont aussi des personnages qui s’émerveillent du passé et du présent des paysages qu’ils découvrent, à tire d’aile.

Site internet de l'auteur : cliquer ici

La Rédaction

Montagnes du Jura. Géologie et paysages

Auteurs : Vincent Bichet et Michel Campy
Editeurs : NEO éditions
Nombres de page : 304
Prix public : 39 €
Date de parution : 2008


Quelques mots du titre de l’ouvrage vont d’emblée attirer le lecteur grand public : les montagnes et les paysages, le Jura pour ceux qui s’intéressent à la région. Entre les deux se diffuse la géologie, insérée comme pour dire : vous voyez, les montagnes du Jura et les paysages, ce sont au premier chef de la géologie. Dès que l’on ouvre ce superbe volume, on est d’emblée séduit par la qualité et l’équilibre de la présentation : de très nombreuses photos de sites et de paysages comportant des légendes explicatives et des échelles en surimposition lorsque nécessaire, des schémas et coupes géologiques rendus très accessibles à un large public, des textes courts qui introduisent ou accompagnent sans pénaliser l’iconographie. En bref, un ouvrage que l’on peut d’abord feuilleter à la façon d’un album d’images et dont on pourra lire un commentaire ou un autre en fonction de l’intérêt que l’on porte au sujet.

On peut bien sûr aborder l’ouvrage selon des approches plus approfondies et le découpage en quatre parties est là pour nous y aider. D’abord des clefs géologiques pour comprendre le Jura avec trois entrées : les terrains et les roches, la déformation des terrains, l’érosion qui conduit aux paysages. Contrairement à de nombreux ouvrages de géologie régionale classique, l’accent n’est pas mis d’emblée sur l’histoire géologique qui nécessite des connaissances et un vocabulaire qui pourraient rebuter le lecteur. On parle ici de ce que l’on voit en complétant par des commentaires simples pour expliquer ce qui est montré. En seconde partie, on aborde l’histoire géologique, mais toujours avec ce côté visuel des paysages auxquels conduisent les roches de telle tranche de temps. Le découpage est classique depuis les roches du socle jusqu’aux matériaux du Quaternaire. En 3ème partie, les auteurs se livrent à l’exercice inverse qui consiste à expliquer les paysages par la géologie et là ce sont les grands ensembles morphologiques qui servent de guide, dont certains sont typiques du Jura : plateaux, reculées, faisceaux, Haute-Chaîne plissée et paysages d’origine glaciaire. La présentation se termine par une synthèse de l’histoire géologique du Jura, de l’océan aux montagnes, qui n’oublie pas les paysages du passé.

Tout ce que nous venons d’évoquer montre à l’évidence que cet ouvrage a bien sa place auprès d’un large public, depuis le grand public promeneur ou feuilletant le livre bien calé dans son fauteuil, jusqu’aux animateurs et enseignants professionnels qui trouveront ici une abondante matière pour organiser des sorties pédagogiques, sans oublier les géologues professionnels appliqués pour qui les exemples mentionnés dans le livre peuvent étayer une présentation ou un rapport d’expertise. En cette Année internationale de la Planète Terre, par définition polyvalente et pluridisciplinaire, on ne pouvait trouver meilleur vecteur pour faire la promotion géologique de la région jurassienne.

La rédaction

L’eau, un trésor en partage

Auteurs : Ghislain de Marsily - Préface d’Érik Orsenna
Editeurs : Dunod
Nombres de page : 252
Prix public : 19 €
Date de parution : 6 mai 2009


Érik Orsenna, auteur d’un ouvrage récent sur l’eau et promeneur attentif, comme il le dit lui-même, dans les grands problèmes mondiaux, était particulièrement bien placé pour introduire cet ouvrage car c’est bien d’un ouvrage à destination d’un large public qu’il s’agit. Il faut dire aussi qu’entre les analyses mondiales de Jean Margat , la Directive cadre européenne sur l’eau et la déclinaison de l’objectif du bon état des eaux qui en découle, à tous les niveaux, les initiatives sont multiples, sans oublier les démarches des scientifiques au travers de nombreux programmes de recherche. Ghislain de Marsily est bien l’un de ces scientifiques, mais son objectif ici est de se mettre à notre portée à tous pour faire passer un certain nombre de messages. Reprenons donc son cheminement.

L’eau, un trésor à partager, non seulement entre les hommes mais entre tous les écosystèmes, donc l’ensemble du vivant. Les guerres de l’eau ne constitue qu’une petite partie émergée de l’iceberg, dont les piliers sont la croissance démographique, l’inégale répartition de l’eau, l’impact des changements climatiques, la diversité des besoins en eau notamment la pression agricole et les risques naturels liés à l’eau, sécheresses et crues. La question n’est pas simple et justifie une première approche pédagogique de l’auteur pour expliquer ce qu’est l’eau en quelques chapitres : l’origine de l’eau, le cycle de l’eau, les eaux souterraines, les écosystèmes aquatiques et les changements climatiques.

Deuxième grand sujet abordé, la consommation mondiale d’eau, son évolution prévisible et sa déclinaison par usage, agriculture et eau de boisson plus spécifiquement. L’usage industriel ne fait pas l’objet d’un chapitre spécifique mais est mentionné dans la consommation mondiale. La forte pression agricole apparaît clairement puisqu’elle représente de l’ordre des deux tiers de la consommation mondiale.

Troisième volet abordé, les risques, soit naturels, liés à l’insuffisance d’eau (les sécheresses) ou à l’excès d’eau (les crues), abordés aussi sous l’angle des remèdes à apporter, et les risques plus spécifiquement liés à l’homme vus au travers du thème du traitement des eaux usées et de la pollution des eaux.

La fourniture d’eau potable et l’assainissement sont très inégalement répartis dans le monde et de nombreuses populations n’ont accès ni à une eau de qualité et en quantité suffisante, ni à un assainissement convenable. Vaste programme que celui des Objectifs du millénaire pour le développement (2000) de réduire de moitié d’ici 2015 la part de la population mondiale qui n’a pas accès à un approvisionnement durable en eau potable (plus d’un milliard de personnes), objectifs élargis à l’assainissement en 2002 (plus de deux milliards et demi de personnes).

La question de l’augmentation des ressources en eau constitue très logiquement le dernier chapitre de l’ouvrage et fournit une vision large des moyens possibles, de l’économie d’eau au dessalement de l’eau de mer.

Au terme de ce périple dans l’empire de l’eau, on ne peut que se réjouir de ce nouveau regard sur l’eau qui apporte une pierre très constructive à la sensibilisation de la société sur cette question majeure.

La Rédaction