• Le fonds

La lamentation du Lamentin. Aventures géologiques à Bornéo

Auteurs : Alain Cournut
Editeurs : Les Éditions du Piat
Nombres de page : 176
Prix public : 18.95 €
Date de parution : 2009

Acheter en ligne cet ouvrage


L’histoire démarre en plein capitalisme minier avec les interrogations de la société Ceramics Inc sur son approvisionnement en lanthane, un des composants essentiels des céramiques qu’elle produit. Ceramics Inc discute d’un contrat avec Northtrop, qui impliquerait la fourniture de tonnes de lanthane, une quantité importante. Le géologue Dave Barnet, consultant en ressources minières, est sollicité pour donner son avis.

Démarre alors une saga faisant intervenir un ancien de la CIA, aujourd’hui à l’AIEA, qui fait état d’indices à Kalimantan, liés à du minerai d’uranium. Nos héros du jour, Alain Bordet et Susan Fraser, en lien avec Cave Barnet resté à l’arrière, vont essayer de retrouver ces fameux indices et d’initier une exploitation. Déjà familiers de la région, ils bénéficient de l’aide de personnalités locales avec lesquelles ils étaient en contact et parcourent la région pour retrouver la rivière Kerang où sont localisés les indices. Au hasard de la lecture, on bénéficie de divers regards sur le mode de vie et les coutumes des populations locales Dayaks et Punans.

Une fois les indices retrouvés, il s’agit d’extraire les blocs de minerai et de les transporter. C’est l’occasion d’un 2ème voyage sur le site. Un transport de minerai est organisé qui prévoit une partie terrestre en sacs de 50 kg, assurée par les nomades animistes que sont les Punans, que l’on paye en tabac, puis un acheminement en pirogue par les Dayaks, marqué par un premier accident qui entraîne la perte des blocs chargés dans les rapides. L’accord avec les Punans commence par bien fonctionner, puis des superstitions s’en mêlent, auxquelles l’accident de pirogue ne serait pas étranger, et on ne retrouve plus les blocs transportés, cachés par des Punans, qui seraient également responsables de la dégradation de fétiches. Quoiqu’il en soit, l’affaire se clôt sans aboutir, au grand dam de Dave Barnet et peut-être de Ceramics Inc.

Mais là n’est pas le plus important. Le livre retrace une aventure, certes romancée, dans un pays perdu, l’occasion pour Alain Cournut de raconter ses souvenirs d’exploration géologique et minière dans ces contrées avec un vrai sens de conteur soucieux de rentrer dans le détail du récit. Le vrai se même allègrement à la fiction et l’ouvrage se lit avec intérêt et plaisir. Épilogue humanitaire : Susan Fraser se lance dans des études de médecine, dans la perspective de revenir à Kalimantan pour aider les populations.

La Rédaction

Villes et géologie urbaine. Géosciences n°10

Auteurs : Collectif
Editeurs : éditionsbrgm
Nombres de page : 108
Prix public : en téléchargement gratuit ici
Date de parution : 2009


La géologie urbaine est un sujet tellement foisonnant, surtout si l’on veut donner des exemples démonstratifs, que ce numéro de Géosciences correspond forcément à une sélection. L’intérêt est de proposer une diversité de regards (ce ne sont pas que des géologues qui parlent) et un large éventail de thèmes. En outre, dans de nombreux articles, des encadrés permettent d’aller plus loin sur une technique, une étude de cas, une base de données ou un cadre réglementaire. Avec chaque article est présenté un résumé, en anglais pour les articles en français (la très grande majorité), en français pour les articles en anglais.

Commencer par la pierre de construction conduit à remonter dans l’histoire et à évoquer la diversité des matériaux qui sont intervenus dans la construction à l’échelle du territoire national. On reste dans le champ historique avec le passé des villes qui conduit à s’interroger sur les causes de leur disparition pour conclure que le principal danger est social et politique et non lié à des catastrophes naturelles comme on pourrait l’envisager. L’espace souterrain est à la fois abordé du point de vue d’un gestionnaire (Inspection des carrières de la Seine), mais également avec le regard d’un urbaniste comme élément d’équilibre de densification urbaine, une vision originale dans un tel numéro. Des diverses approches du milieu urbain résultent d’abondantes données dont quelques aperçus sont abordés, qu’il s’agisse de la ville en 3D ou de l’exemple des données géologiques et hydrologiques de Toulouse.

L’approvisionnement en eau des villes soulève couramment de nombreux problèmes quantitatifs et qualitatifs. Le choix de la ville de Barcelone présente l’intérêt d’aborder trois solutions conjointement mises en place : les pompages en eaux de surface, les pompages en eau souterraine (+ recharge artificielle) et la désalinisation. L’eau énergétique est également envisagée avec un article sur la géothermie qui présente différentes technologies utilisables dans la perspective du facteur 4, raccourci pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre d’un facteur 4 en 2050. Un seul exemple, étranger lui aussi, la ville de Messine, pour aborder les risques naturels sous l’aspect de l’instabilité des versants. Impossible également de parler de gestion des villes sans aborder les sols et sites urbains dégradés, et même les aérosols.

Enfin, ce numéro aborde largement la question de la ville durable, sur le plan économique, social, environnemental selon la terminologie consacrée du développement durable. Le sujet est ouvert par l’éditorial du président de l’ADEME, suivi par le regard du géographe sur une urbanité durable, puis par une approche par divers outils : le métabolisme urbain, « ensemble de transformations et de flux de matière et d’énergie intervenant dans le cycle de vie d’une zone urbaine », et la gestion des risques notamment pour les mégapoles. Au-delà des effets de mode ou de vocabulaire, la concentration urbaine, en croissance permanente, soulève bien la question d’une ville humaine et durable. Que cette question soit largement abordée dans ce numéro ne fait que souligner une forte interrogation sur l’avenir, que beaucoup de lecteurs, à n’en pas douter, partageront.

La Rédaction

Curiosités géologiques du Trégor et du Goëlo

Auteurs : Pierrick Graviou et Christophe Noblet
Editeurs : Éditions Apogée, brgméditions
Nombres de page : 110
Prix public : 19 €
Date de parution : 2009

Acheter en ligne cet ouvrage


Cet ouvrage comporte deux parties bien distinctes : une partie introductive et un descriptif des 24 sites sélectionnés qui sont reportés sur une carte géographique placée en couverture 2 de l’ouvrage et une carte géologique simplifiée placée en couverture 3. La région concernée se situe dans les Côtes d’Armor, grosso modo entre Lannion et Paimpol, selon une large bande côtière qui s’étend sur environ 50 km E-O et une quinzaine de km N-S.

La partie introductive englobe les grandes familles de roches et leur genèse (roches sédimentaires, magmatiques, métamorphiques, ainsi que la tectonique des plaques), un aperçu de l’histoire géologique du Massif armoricain et un bref chapitre sur matériaux et paysages. Sur les 24 sites géologiques sélectionnés, la moitié concerne les granites et autres roches magmatiques, y compris les phénomènes d’altération et les carrières, un quart, les roches sédimentaires, essentiellement des sédiments littoraux, le solde se partageant entre roches métamorphiques, dont les plus anciennes roches de France (gneiss de Pors-Raden datées à 2 MMa), et des paysages spécifiques (rias, périglaciaire). Chaque fiche de site fait le plus souvent deux pages comportant : une petite carte de localisation, un commentaire géologique (description et genèse) et 3 à 5 photos. L’ouvrage se termine par une page de petites histoires géologiques, un aperçu sur la biodiversité, un lexique, un répertoire de toponymie bretonne, une bibliographie et des adresses utiles.

Cet ouvrage devrait satisfaire un large public, depuis les scolaires jusqu’aux touristes, en passant par les promeneurs de la région et des régions voisines. Même si les commentaires sont marqués par la géologie, ils restent accessibles à un large public intéressé, d’autant qu’une riche iconographie les accompagne.

La Rédaction

De la Durance aux monts de Vaucluse. Géoballade. Du paysage à la géologie

Auteurs : Georges Bronner
Editeurs : Éditions Jeanne Laffitte
Nombres de page : 56 + 1 carte
Prix public : 23 €
Date de parution : 2010

Acheter en ligne cet ouvrage


Après nous avoir conviés à la découverte du littoral provençal, Georges Bronner nous propose maintenant une grande "ballade" dans le Parc du Luberon qui,depuis 2004, fait partie du réseau européen des géoparcs. L’approche proposée est multiple : le temps géologique, du plus récent au plus ancien, la géologie par les paysages,un zoom sur la diversité des roches et des fossiles et enfin quelques regards sur les substances du sous-sol et leur usage.

Il y a 100 ans, c’était le séisme de Lambesc (1909) dont on a célébré l’anniversaire il y a un an au travers de manifestations diverses, et 200 000 ans avant, l’homme faisait son apparition dans le Luberon. L’auteur nous propose ensuite quelques jalons majeurs à travers le Tertiaire et le Crétacé,avant de terminer sur un récapitulatif paléogéographique sur 250 Ma, puis d’aborder les grands ensembles géologiques au travers des paysages : Monts de Vaucluse,Pays d’Aigues, Petit et Grand Lubéron, vallée du Jabron, faille de la Durance, avant déclore par de grands panoramas.

La région du Luberon est particulière¬ment propice à la découverte des roches sédimentaires puisque qu’on en rencontre quatre grandes catégories : roches carbonatées, détritiques, évaporitiques et carbonées. La paléontologie est aussi au rendez-vous avec une diversité floristique et faunistique exceptionnelle à l’Oligocène. Le thème des roches et les hommes permet d’aborder la pierre de construction et les fameuses bories, les villages perchés,les roches et les substances utiles, avec un zoom sur les pigments (ferrugineux, ocreux et glauconieux) et un regard sur l’eau et le karst.

Cet ouvrage s’adresse à un large public, et même à des géologues qu’un zoom spécifique peut interpeller et auxquels la carte géologique annexe et les schémas géologiques associés s’adressent plus particulièrement. Mais le simple promeneur, touriste,scolaire ou étudiant peut y trouver son compte par une incitation à découvrir la géologie, par les paysages, ou les richesses du sous-sol. Il faut aussi reconnaître à l’auteur le mérite d’une grande richesse d’aquarelles qui offrent des paysages une vision personnalisée sensiblement différente de celle que nous propose habituellement la photo. Un ouvrage et surtout un territoire à découvrir pour tous.

La Rédaction

Islande. Splendeurs et colères d’une île

Auteurs : Michel et Anne-Marie Detay
Editeurs : Belin
Nombres de page : 192
Prix public : 29 €
Date de parution : 2010

Acheter en ligne cet ouvrage


Cet ouvrage rentre dans la catégorie des beaux livres et se feuillette d’abord comme un album de photographies, plus superbes les unes que les autres, qui conduit d’ailleurs les auteurs à évoquer une expérience « extra-terrestre ». Une 2ème lecture du livre permet une approche plus thématique, d’abord avec le volcanisme et ses diverses expressions (caldeiras, chaînes volcaniques, laves sur glace, éruptions,solfatares, fumerolles et geysers, eaux chaudes, tunnels de lave et spéléothèmes…).À la terre de feu, succède ensuite celle de la glace et de l’eau, avec une vision des glaciers islandais, mais aussi des lacs, rivières et chutes d’eau, puis une découverte du ciel et des aurores boréales.

Mais l’Islande est aussi une terre vivante et d’abord un sanctuaire pour les macareux, symbole national, les sternes, les fous de Bassan, les huîtriers Pie ou les oies cendrées. Les hommes sont là depuis plus de 1 000 ans et leur nombre dépasse aujourd’hui 300 000. La flore est discrète dans le paysage mais renferme néanmoins environ440 espèces différentes (mousses, fougères et plantes à fleurs) dont la fameuse angélique ou herbe des Vikings. Si la faune domestique est dominée par les moutons et les chevaux, la faune sauvage est aussi présente avec le renard et l’ours polaire ou le vison d’Amérique et une abondante faune marine (phoques, cétacés, requin pèlerin). Quelques aspects de la société islandaise terminent ce grand périple. Une carte en fin d’ouvrage permet de se repérer sur les lieux photographiés.

Cet ouvrage n’est ni un ouvrage de géologie, ni de sciences naturelles ou humaines,mais un peu tout à la fois et surtout un ouvrage de découverte et d’incitation au voyage. Certes, le regard sur les photos ou une lecture plus approfondie peuvent se faire confortablement assis dans son fauteuil,mais au-delà du rêve que ce livre suscite, sa vocation n’est-elle pas d’inciter à se rendre sur place et à se rendre compte par soi-même. Et même si les photos qu’on pourra faire ne sont pas aussi impressionnantes,rien ne saurait au final remplacer ce qu’on a vu de ses yeux.

La Rédaction

Géologie de Lyon

Auteurs : Noël Mongereau
Editeurs : Éditions lyonnaises d’Art et d’Histoire
Nombres de page : 144
Prix public : 20 €
Date de parution : 2010

Acheter en ligne cet ouvrage


Le titre de ce livre pourrait laisser croire que l’on se trouve en face d’un ouvrage de géologie académique, appliquée à un territoire relativement restreint, celui de Lyon. En fait, le descriptif des formations géologiques n’occupe qu’un tiers de l’ouvrage, les deux autres tiers étant consacrés à la géologie appliquée, au travers de plusieurs thèmes (eau, ouvrages souterrains,matériaux) mais aussi de l’histoire ou des acteurs impliqués.

Le zoom sur la géologie de Lyon ne vient qu’à la suite de l’histoire géologique,notamment la création du fameux fossé d’effondrement rhodanien et la géologie avant et après le fossé, et une approche régionale qui reprend l’histoire géologique, mais aborde aussi la géologie économique (aquifères, minéralisations, combustibles fossiles). Avec la ville de Lyon, on fait un grand saut dans le temps géologique puisque d’un côté on trouve le socle cristallin et de l’autre les terrains du Tertiaire supérieur (Miocène et Pliocène), représentés par des formations marines (molasses)et fluviatiles, et du Quaternaire (moraines et lœss). Ces formations sont celles dans lesquelles les travaux souterrains se situent. À cet aperçu global sont jointes plusieurs coupes établies dans divers secteurs urbains : la plaine de Lyon et les collines de Fourvière et de la Croix Rousse.

La partie appliquée de l’ouvrage apporte beaucoup d’informations à la fois sur l’hydrogéologie de la ville et sur les problèmes que rencontrent les ouvrages souterrains. L’alimentation en eau de l’agglomération lyonnaise relève principalement des aquifères alluviaux, essentiellement celui des alluvions du Rhône au nord-est de la ville. En raison de la distribution des perméabilités et des débits très variables, l’aquifère molassique ne constitue pas la ressource que l’on pourrait espérer. Mais l’eau, ce sont aussi les infiltrations,les écoulements dans les galeries creusées dans les collines (loin d’être toutes connues)et les écoulements diffus, dont peuvent résulter des mouvements de terrain dont les principaux sont évoqués dans l’ouvrage : 1930 (qui a entraîné la création de la 1ère Commission des Balmes, la seconde ayant vu le jour en 1951), 1932, 1935, 1977, 1981, 1983. La prévention, notamment l’entretien des quelque 40 km de galeries souterraines par la Communauté urbaine de Lyon et le suivi régulier des nouvelles découvertes, s’efforce de minimiser les risques de mouvements de terrain. Les grands travaux (tunnels de métro,parkings…) fournissent aussi beaucoup d’informations sur le sous-sol lyonnais et les coupes géologiques sont nombreuses dans ce livre, tirées de ces travaux. Le dernier chapitre propose un aperçu sur les matériaux naturels utilisés dans la construction à Lyon à travers le temps, depuis la période romaine jusqu’au XXe siècle. Une abondante bibliographie complète l’information fournie.

Au final, l’ouvrage de N. Mongereau propose une lecture très pédagogique de la géologie lyonnaise, ancrée dans la réalité de tous les problèmes concrets auxquels l’aménagement urbain est confronté, notamment en matière d’ouvrages souterrains. Le regroupement, sous un petit volume illustré de nombreuses coupes, d’une information ouvrage souterrain par ouvrage souterrain, est certainement de nature à susciter l’intérêt d’un large public, bien au-delà des seuls spécialistes ou décideurs du domaine concerné.

La Rédaction