• Le fonds

Auteurs : René Dars, Andrée Dagorne & collectif
Editeurs : Presses Universitaires de France
Nombres de page : 103
Prix public : 10 €
Date de parution : 16/04/2008


Le débat sur le réchauffement climatique, phénomène incontesté aujourd’hui si l’on se réfère aux évolutions climatiques et biologiques constatées, reste très vif en ce qui concerne la part des phénomènes naturels ou anthropiques à l’origine de ce réchauffement.

Quelques mots, forcément très résumés, sur les arguments des intervenants au présent colloque. Vincent Courtillot, qui ouvre le feu, souligne le parallélisme des courbes d’évolution du soleil, du magnétisme et des températures, du moins jusqu’aux années récentes, années 60 pour la corrélation taches solaires – « durée de vie » des températures, années 85 pour les corrélations soleil – température. Ces dates semblent correspondre aussi à l’augmentation forte des gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère. S’appuyant sur les données des deux derniers cycles glaciaires, Nicole Petit-Maire évoque la très rapide augmentation de la température depuis la dernière glaciation (6 à 7° en 10 000 ans), tout en soulignant que le climat mondial s’est réchauffé de 0,7° entre les années 80 et 2 000, une augmentation partiellement due à l’influence solaire (quelques dixièmes de degré) mais surtout à l’augmentation des GES (CO2 et CH4 essentiellement).

Pour sa part, Hervé Le Treut confirme que l’évolution de la température depuis 400 000 ans (sondage de Vostock dans la glace de l’Antarctique) est principalement liée aux perturbations astronomiques, avec pour conséquence l’évolution parallèle de la température puis des GES. Alors que ce sont ces GES (l’eau en premier) qui rendent la terre vivable (+ 15° de moyenne au lieu de -18°), on constate que leur augmentation très rapide dans l’atmosphère au cours de la période récente, en lien avec l’activité humaine, provoque un déséquilibre général dans un système qui est régulé très finement. Il faut rappeler ici que le cycle de l’eau dans l’atmosphère est de 15 jours alors que celui du CO2 est de l’ordre du siècle, celui du CH4 atteignant des siècles ou des millénaires. Le souhait, de plus en plus exprimé, de diminuer les émissions de GES aura un impact sur les précipitations et sur la température, pas sur le niveau des mers qui est conditionné par les niveaux de GES passés. La phase actuelle constitue donc une rupture par rapport aux 5 000 à 10 000 ans de notre civilisation. Au regard des conclusions du GIEC, ce qui est en question, souligne Claude J. Allègre, c’est d’une part le lien entre changement climatique et l’augmentation des GES d’origine anthropique, et d’autre part le niveau de réchauffement proposé à la fin du siècle (+ 2 à 4 ou 5°C). Il insiste aussi sur la variabilité régionale de l’évolution climatique alors qu’on ne nous propose que des moyennes mondiales.

Au final, le point majeur qui soulignerait fortement l’influence anthropique est la déconnection récente des courbes d’évolution de la température et du CO2 qui évoluaient antérieurement parallèlement comme le montrent les résultats du sondage de Vostock, en raison d’une augmentation brutale des GES liés à l’activité humaine. Le déséquilibre viendrait de là. Le débat reste ouvert sur le niveau d’augmentation de la température à l’horizon 2100, surtout si l’on considère les choses régionalement. On n’a donc pas fini d’entendre parler du changement climatique et de la part respective des phénomènes naturels ou anthropiques qui en sont à l’origine. En tout état de cause, si le signal d’alerte du GIEC nous sert d’aiguillon pour mieux maîtriser notre consommation et pour agir mondialement et régionalement en vue d’un meilleur équilibre de la planète, ce sera tout bénéfice. Le présent colloque, clôturé par une table ronde, puis par les conclusions tirées par Jean Aubouin, apporte en tous cas sa pierre à la réflexion commune.

La rédaction