• Le fonds

Auteurs : Max Jonin
Editeurs : Biotope
Nombres de page : 159
Prix public : 20 €
Date de parution : 15/06/2008


Il convient d’abord de souligner qu’il s’agit là du premier (ou de l’un des premiers) ouvrages en français où le mot « Géodiversité » apparaît alors que jusqu’à présent on parlait plutôt de patrimoine géologique et que les anglais invoquaient une transmission intergénérationnelle sous le terme de « heritage ». Au-delà du parallèle évident avec la biodiversité, l’introduction du mot a l’avantage de proposer un éclairage multiple et d’élargir ainsi considérablement un champ qui pouvait être appréhendé de façon statique ou ponctuelle. Et le pas pourrait ainsi être progressivement franchi pour parler de protection et de valorisation de la géodiversité à l’image du message répété jour après jour sur la protection de la biodiversité.

Cet ouvrage traduit aussi l’engagement de longue date de l’auteur en faveur de la protection et de la promotion du patrimoine géologique, initié en Bretagne et élargi à toute la France, voire au-delà. Le conseil régional de Bretagne a aussi fait sienne cette stratégie et la mise en place, en 2006, de la 1ère réserve naturelle régionale géologique labellisée « Espace remarquable de Bretagne » avec le sillon de Talbert, témoigne de cette volonté affichée. Par ailleurs, l’Année internationale de la Planète Terre (2007-2009) constituait une bonne occasion pour faire paraître ce livre.

L’ouvrage est organisé en 6 parties. Après une introduction destinée à donner quelques clefs de géologie générale (I), puis à présenter des généralités sur le patrimoine géologique (II), le patrimoine géologique de Bretagne est abordé selon une logique d’histoire géologique en présentant les sites par tranches de temps successives et selon les 4 départements bretons (22, 29, 35 et 56) : Socle très ancien, Briovérien-Cadomien, Histoire hercynienne, Ouverture de l’Atlantique, Bretagne sous les tropiques, Dernières avancées de la mer : Bretagne insularisée, Bretagne sibérienne, Géologie en « live » (III). Sont ensuite traités les « Cailloux bretons » (IV), une façon de dire qu’il s’agit d’objets de proximité à s’approprier, puis la pierre dans la construction (V. Des pics et des hommes) et enfin la conservation et la valorisation du patrimoine géologique de Bretagne (VI). On soulignera le grand nombre et la qualité des cartes et des photos de sites, mais on regrettera peut-être la brièveté du chapitre V qui reste focalisé sur deux villes Rennes et Brest.

L’inventaire du patrimoine géologique de France a commencé par la Bretagne qui a servi de catalyseur et de référence conceptuelle. La boucle est bouclée avec ce premier ouvrage régional sur la géodiversité. Dans chaque cas, Max Jonin en a été la cheville ouvrière. En attendant que celui-ci ne reçoive la médaille de la géodiversité qui ne saurait tarder à être créée, saluons la parution de cet ouvrage qui, au-delà des « irréductibles » bretons intéressera un large éventail de publics depuis les scolaires jusqu’aux touristes en passant par les enseignants et les décideurs.

La Rédaction.