• Le fonds

Auteurs : Collectif
Editeurs : BRGM
Nombres de page : 252
Prix public : 15 €
Date de parution : 01/03/2008


Cet ouvrage, élaboré à l’occasion de l’Année Internationale de la Planète Terre (2008), est organisé en 4 itinéraires thématiques et s’achève sur des points de vue croisés :
1. Territoires, terroirs et paysages géologiques.
2. L’éducation au développement durable et à l’environnement.
3. Tourisme et géologie.
4. Aménager et mettre en valeur le patrimoine.

D’emblée, l’ouvrage séduit par la richesse de son iconographie (figures et photos) ce qui permet de le feuilleter comme on le ferait avec un atlas. Le découpage en quatre thèmes retenus est destiné à montrer d’abord que le patrimoine géologique n’est pas un objet lointain mais qu’il constitue notre environnement immédiat, ensuite qu’il n’est pas uniquement représenté par des objets à protéger mais qu’il donne lieu à une mise en valeur naturelle ou aidée propice à une diversité d’approches, notamment en matière pédagogique et touristique. L’objectif sous-jacent pourrait être de souligner que le milieu minéral a toute son importance face au tout puissant milieu vivant.

Le 1er itinéraire, qui comporte le plus grand nombre d’articles (13) a pour objectif de souligner la richesse du patrimoine géologique en présentant une diversité de contextes situés dans des cadres juridiques différents (réserves, parcs naturels, sites protégés, etc.). C’est aussi l’occasion d’évoquer le long parcours du combattant pour faire agréer et mettre en place l’Inventaire national du Patrimoine géologique. Qu’on nous permette ici cette remarque complémentaire. Même si l’on peut saluer la ténacité des acteurs qui sont parvenus à ce que l’inventaire soit reconnu et officiellement lancé, on peut s’interroger sur la perspective d’une procédure de labellisation lourde, sans moyens, et qui risque de s’étaler sur de longues années. Par comparaison, la Grande Bretagne, en une douzaine d’années, a labellisé 6 000 sites dont la moitié fait l’objet d’une réglementation et l’autre moitié, de recommandations (suivies) pour prise en compte dans la planification régionale.

Un choix plus restreint (6 articles) est proposé dans le 2ème itinéraire qui fait état soit de considérations générales sur la prise en compte de la géologie et du patrimoine dans l’éducation (3 articles), soit présente des actions spécifiques techniques réalisées (sismologie SISMOS, Muséum de Toulouse) ou encore de l’accueil de certains publics (publics en situation de handicap). Six articles également dans l’itinéraire 3, qui débute par une introduction à l’ouvrage « Le tour de France d’un géologue. Nos paysages ont une histoire » et où l’on retrouve aussi bien des sites remarquables (réserve naturelle du Toarcien, sites de Guadeloupe) que des visions panoramiques (géoparcs, mines) ou une expérience infographique originale de reconstitution de paléopaysages (Vézère).

C’est dans l’itinéraire 4 sur l’aménagement et la mise en valeur du paysage (5 articles) qu’aux côtés du grand classique qu’est la Réserve géologique de Haute Provence, sont évoqués deux grand secteurs de la géologie appliquée : les travaux souterrains et l’eau souterraine. Une intéressante contribution également sur les grands sites au sens de la législation de 1930 sur le patrimoine, qui sont autant de sites géologiques majeurs.

Ce numéro double de Géosciences plaira assurément à un large public, sensible à la beauté et à l’intérêt des sites notamment au travers de la richesse de l’iconographie. Néanmoins, qu’on nous permette de regretter que cet ouvrage ne joue pas son rôle d’alerte sur la fragilité des sites de patrimoine, la nécessaire protection d’une large sélection d’entre eux, notamment au niveau de petits sites, locaux certes mais de grand intérêt pédagogique, la lourdeur des procédures d’inventaire et de labellisation des sites, etc. On regrettera aussi l’absence de vision quantitative des types de sites et d’équipements, qui donnerait à la fois une idée de la richesse de ce patrimoine géologique et de ce qui reste à faire pour le protéger et le mettre en valeur.

Quoiqu’il en soit, un numéro de qualité, dont le survol, la lecture détaillée ou l’approche par un article ou un autre, sont chaudement recommandés.

La Rédaction.