• Le fonds

Auteurs : Bernard Mouthier
Editeurs : Connaissance et sauvegarde de Saint-Léonard
Nombres de page : 248 + 18 photos annexes
Prix public : 25 €
Date de parution : 2005


La saga de l’exploitation minière de Puy-les-Vignes, un site situé à 15 km environ à l’est de Limoges, est très représentative du passé minier français, avec ses changements de propriétaire, ses longues phases d’arrêt, ses périodes fastes et moins fastes. Elle est aussi représentative de l’histoire de nombreuses petites mines à l’étranger, puisque tout le monde est soumis à la même règle principale, les cours mondiaux des métaux.

L’ouvrage de Bernard Mouthier présente un grand intérêt à un triple titre : il témoigne de l’évolution des idées sur la genèse du gisement et de sa place dans le type périgranitique (pipe de quartz bréchique à filons de wolframite) ; il raconte une histoire minière à multiples rebondissements depuis la fin du XIXe siècle ; enfin, c’est un témoignage de grande importance sur la vie locale. Au chapitre des « anecdotes » historiques, on relèvera le refus de l’administration, pendant plusieurs années de la fin du XIXe siècle, d’octroyer des concessions sous le prétexte que le wolfram n’a pas d’usage en France, alors qu’il est déjà employé dans d’autres pays industriels.

Cette malheureuse mine de Puy-les-Vignes n’a finalement pas eu de chance. D’abord une période allemande qui ne durera que deux ans (1884-86) suivie d’un sommeil de près de 20 ans. Ensuite, chaque relance d’activité suivie, peu après, par une guerre mondiale ; d’abord avec l’industriel Paul Girod au début des années 1900, puis avec Edgar Brandt en 1937 qui s’associera avec Dong Trieu (Charbonnage du Tonkin) en 1939. Après la libération, et malgré l’embauche d’un géologue (Maurice Weppe) en 1950, la mine ne parviendra pas à s’établir durablement en dépit d’une production notable (2 701 t de wolfram entre 1939 et 1957) et avec un personnel qui a atteint 300 personnes en 1949. L’exploitation ferme définitivement en 1957 et le site est arrêté en 1967. La période qui suit est celle de l’après-mine : mise en sécurité et surveillance du site, ainsi qu’une tâche qui est tout à l’honneur de l’association « Connaissance et sauvegarde de Saint-Léonard », la préservation des archives, sans laquelle ce livre n’aurait probablement pas pu voir le jour. L’ouvrage se termine par un chapitre sur la gestion minière, l’occasion pour l’auteur d’exprimer des vues plus personnelles sur cette longue histoire.

À la lecture de ce livre, on ne peut que souhaiter que d’autres patients bénédictins se sentent motivés pour partir à l’exploration historique de gisements français en attendant que des temps meilleurs permettent un jour, qui sait, une relance de l’activité minière française.

La Rédaction