• Le fonds

Auteurs : Col. sous la dir. Guy San Juan et Jack Maneuvrier
Editeurs : Conseil Général du Calvados
Nombres de page : 447
Prix public : / €
Date de parution : 1999


Cet ouvrage n’est pas récent mais son ampleur, sa diversité et la qualité de sa présentation justifient cette note de lecture. Environ 35 auteurs ont participé à la cinquantaine d’articles abondamment illustrés qui le constituent. Ceux-ci sont regroupés sous trois chapitres : « Roches et extraction », « Roches et architecture » et enfin « Roches et artisanat ».

La première partie débute par une assez longue introduction géologique (33 p.) sous forme de trois articles consacrés à la géologie et aux roches du sous-sol anté-quaternaire, à la géologie du Quaternaire et aux roches de surface, puis aux carrières contemporaines. On y découvre déjà les grands traits de la géologie du Calvados et la grande variété des roches exploitées, avec encore actuellement 9 types de roches dans plus de 40 carrières. La partie historique et archéologique de ce premier chapitre (95 p.) traite en 12 articles de l’extraction du silex, du calcaire – la fameuse « Pierre de Caen » -, des marnes pour l’agriculture, des granites, des ardoises, des grès de May pour pavés, des argiles pour tuileries, mais aussi du fer du synclinal de Saint-Rémy et du charbon de Littry. De l’archéologie et de l’histoire minières donc, du Néolithique à nos jours.

Le deuxième chapitre (149 p.) est aussi introduit par trois articles « roches et construction » au Néolithique, puis de l’époque gallo-romaine au haut Moyen Age et enfin de l’époque médiévale au XXe siècle. On retrouve ce découpage dans les 14 articles qui suivent : menhirs et tombes, matériaux des voies antiques, demeures et fours à chaux des gallo-romains (Vieux, Touffreville, entre autres) et utilisation, plus tard, du silex (pays d’Auge), du travertin, du torchis… On passe avec plaisir des villas romaines aux églises et beaux manoirs à colombages.

Le troisième chapitre (145 p.) s’éloigne un peu de la géologie puisqu’il traite surtout des artisans et des objets fabriqués : haches polies, objets en bronze, bracelets de pierre, statues, sarcophages, meules de granite, tuiles, briques, poterie et céramique, pavés, etc. Mais on y revient rapidement en fin de chapitre avec « Les verreries du pays d’Auge au XVIIe siècle » et « La production de sel sur le littoral au Moyen Age ».

Cet ouvrage, édité par le Service départemental d’archéologie du Calvados, est à recommander à tous les géologues intéressés par les nombreuses utilisations, au cours des âges, de roches très diverses. La qualité de sa présentation et les nombreuses photos, cartes et croquis d’une part, la concision des articles d’autre part, en rendent la lecture très agréable.

Michel Bornuat