• Le fonds

Auteurs : Stéphane Gin
Editeurs : Dunot
Nombres de page : 202
Prix public : 19 €
Date de parution : 2006


Ce sujet a été largement abordé dans les numéros récents de “Géologues” consacrés aux énergies et au développement durable (144, 145, 147, 148). Voilà une occasion pour les géologues - et tous les citoyens ! – intéressés par l’industrie nucléaire et ses conséquences environnementales de creuser le problème. D’autant que cet ouvrage se concentre sur les déchets à haute activité et vie longue (HAVL) et sur leur confinement dans le verre.

Les premiers chapitres (86 p.), assez courts, présentent la question et son contexte : l’atome et la radioactivité, et un point intéressant (14 p.) des connaissances sur les « effets de la radioactivité sur la santé » pour le chapitre 1 ; le cycle du combustible, la définition des déchets et leurs quantités prévues à l’horizon 2020, avec rappel historique en 2 ; les méthodes de traitement des déchets VL : bitumage, compactage, cimentation, avec un développement particulier pour la vitrification des déchets HA, dans le chapitre 3 ; enfin l’entreposage et le stockage géologique des déchets HA dans le chapitre 4.

Le chapitre 5 constitue le cœur du livre et traite longuement (73 p.) du « comportement à long terme des verres nucléaires : méthodes d’étude, caractérisation du verre R7T7, évolution du verre pendant la phase d’entreposage. La suite du chapitre traite longuement de l’évolution du verre en stockage géologique et de sa réaction avec l’eau à la lumière du comportement des verres naturels et archéologiques.

Les réflexions finales du chapitre 6 concernent « la difficile question du legs aux générations futures » et le choix qui devra être fait « en acceptant les risques ». Des risques, semble-t-il, limités puisque, dans un milieu adéquat, « nous pouvons (selon l’auteur) affirmer que plusieurs millions d’années seront nécessaires pour que l’eau transforme les colis de verre R7T7 en gel et autres minéraux ».

Un style agréable et, en fin d’ouvrage, un glossaire, 4 annexes et un index éclairant la lecture. Comme le dit Robert Guillaumont dans la préface, on comprend « la radioactivité, d’où vient le danger, quels sont les risques et quels sont les moyens de confiner cette radioactivité pour se prémunir de ses effets ». Curieux, cependant, que dans cette préface la recherche d’un site de stockage en couches géologiques soit attribuée au CEA et que l’Andra soit si peu citée, notamment à propos du chapitre 4.

Michel Bornuat